FRANCE - Laugmentation, totalement injustifiée, de 1,7% du prix de lélectricité, autorisée par le gouvernement le 1er juillet dernier, va peser sur lensemble de la population. Mais il y a pire, dont on ne parle guère. Depuis quelques années les éoliennes ont commencé à se développer en France. Comme le prix de revient du courant issu du vent est nettement plus élevé que celui du nucléaire (bien que le vent soit gratuit), les éoliennes ne peuvent être construites que si elles bénéficient dun soutien financier.
LÉtat qui a décidé de favoriser ce quon appelle les «énergies renouvelables» aurait dû en conséquence trouver un financement pour les éoliennes. Il en a trouvé un en rendant obligatoire lachat par EDF de lélectricité issue du vent, au-dessus du prix coûtant. Et EDF fait payer ce surplus aux consommateurs. Cela figure sur les factures, avec quelques autres dépenses, sous la rubrique «contribution au service public de lélectricité», dont le seul mot juste est «contribution», car il sagit de tout ce quon veut sauf dun service public.
Jusquà présent cette «contribution» pesait de quelques pour-cent sur les factures, déjà nettement plus que les 1,7% de la dernière augmentation. Mais maintenant, cette taxe va senvoler car les éoliennes, ou plus exactement leurs heureux constructeurs et propriétaires, viennent de bénéficier de nouveaux tarifs en or.
Fin juillet, le gouvernement a décidé daccorder, pour quinze ans, aux propriétaires déoliennes un prix de vente à EDF du kwh éolien qui est à peu près le triple du kwh nucléaire.
Consultée, la Commission de régulation de lénergie, organisme officiel, avait rejeté le projet au motif que cela «représente un soutien disproportionné à la filière éolienne, au regard du bénéfice attendu» car la rentabilité devrait être «de lordre de 20% à 40% par an, après impôt, garantie sur quinze ans, pour des sites moyennement ventés».
Malgré lavis défavorable de la Commission, le gouvernement a maintenu sa décision.
Autant dire que léolien va intéresser de plus en plus dinvestisseurs, et de plus en plus de trusts qui se mettent sur les rangs, comme Endessa, Total, et bien dautres.
On navait pas demandé lavis de la population lorsque les autorités sétaient lancées dans le nucléaire, il y a quelques décennies. On ne lui demande pas davantage son avis aujourdhui, pour le financement de léolien privé, et on se garde dannoncer clairement que les tarifs de lélectricité vont forcément grimper à cause de cette décision.
Le ministre de lÉconomie, Thierry Breton, vient dannoncer que les tarifs dEDF naugmenteraient plus jusquau 1er juillet de lan prochain, cest-à-dire après les élections. Mais même cette promesse, cest du vent car discrètement, de manière peu visible, le prix du courant va grimper, pour le plus grand bien de ceux qui spéculent... précisément sur le vent.
André VICTOR
Lutte Ouvrière n°1987 du 1er septembre 2006