|
12.09.2006 - La Liberté

Le TF fait disparaître jusqu'à la notion de paysage

SUISSE - En considérant dans son récent verdict au sujet des éoliennes de Crêt-Meuron (NE) que sept mâts blancs de 60 m de haut, plus 33 m de rayon pour les pales, plantés dans un pâturage, ne constituent pas une atteinte significative au paysage, c'est la notion même d'atteinte, voire carrément celle de paysage que le TF ôte du langage juridique.
Selon le TF, qui se prononçait sur une précédente décision du TA neuchâtelois, il y a un intérêt public à la promotion des énergies renouvelables et celui-ci doit l'emporter sur la protection du paysage. Fi.
Alors que l'Allemagne soutient la pose de panneaux solaires sur les bâtiments, développant là un précieux savoir-faire technologique et tout un secteur économique, la Suisse continue à chauffer son eau en brûlant du mazout même par canicule. Les électriciens exercent un lobbying visant à rester seuls maîtres du jeu: lors de la présentation du toit solaire du Stade de Suisse, les FMB n'insistaient-elles pas pour que le développement de ces méthodes reste une affaire strictement privée? Voilà qui fait résonner de manière bien cynique le mot du TF sur la «promotion des énergies renouvelables».
Le TF tance le TA, lequel taxait pourtant très justement l'apport énergétique de ces sept éoliennes d'«extrêmement faible, voire quasi insignifiant». Quels autres termes aurait-il dû utiliser, sachant qu'à son extension théorique maximale, le parc éolien suisse ne couvrirait que le 2% des besoins du pays, alors que la demande augmente de 1% par an? Aurait-on couvert le pays d'éoliennes que le problème d'une pénurie de courant demeurerait entier.
Samuel Dougoud, Rossens
|