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07.02.2007 - SOCIETE POUR LA PROTECTION DES PAYSAGES ET DE L'ESTHETIQUE DE LA FRANCE

LES EOLIENNES ET LES PAYSAGES et les autres énergies renouvelables

FRANCE/EOLIENNES - La Politique de la France en matière dénergies sest infléchie depuis plusieurs années, depuis lélaboration du Protocole de Kyoto, et la prise en compte des menaces que peuvent faire peser la prolifération des gaz à effet de serre (GES) sur le climat de la Terre.
La France sest dotée en conséquence dune politique volontariste pour la réduction des GES et de développement des énergies renouvelables, tout a fait souhaitable. Mais cest surtout pour la production délectricité, quelle sest fixé des objectifs de part des énergies renouvelables de 21% à lhorizon 2010, alors quelle nest que denviron 15% aujourdhui. Objectif ambitieux qui ne pourra avoir quun impact marginal, puisque la production délectricité en France est à environ 95% dorigine hydraulique ou nucléaire, ne produisant pas de GES.
La France a choisi de donner une part très importante de ce développement des énergies renouvelables à lénergie éolienne , multipliant les incitations, comme lobligation de rachat par EDF de lélectricité dorigine éolienne pendant 10 à 15 ans à un prix de lordre de 3 fois ce quelle lui coûte actuellement, pour le plus grand bénéfice des promoteurs. Elle affiche un objectif de 10 000 MW éoliens installés fin 2010, alors quil nétait que de 357 MW à fin 2004 et 757 MW fin 2005, ce qui correspondant approximativement à multiplier par 10 le parc déoliennes actuel (de lordre de 10 000 éoliennes de plus sur le territoire français).
La SPPEF sest inquiétée, maintenant depuis plus de 5 ans de cette politique et de sa mise en oeuvre anarchique, mettant en danger les paysages de la France. En effet ces éoliennes industrielles récentes sont gigantesques (de lordre de 2 fois la hauteur dune cathédrale), visibles à plus de 15 km, et écrasant par leur hauteur nos paysages traditionnels.
A partir de cas concrets particulièrement destructeurs pour les paysages, la SPPEF a réussi a faire prendre conscience aux autorités responsables de la nécessité dune meilleure réglementation pour ce développement. Avec le support des grandes associations nationales de défense du patrimoine (dites du G8), elle a obtenu quelques avancées significatives, comme :
- le maintien de lautorité du préfet pour la délivrance des permis de construire des éoliennes, visibles bien au-delà des limites dune commune,
- lobligation dune étude dimpact, et dune enquête publique,
la définition de ZDE (Zones de développement Eolien) dans chaque département sous lautorité du préfet ; zones qui doivent tenir compte « la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés » et dune cohérence départementale.
Ces mesures apportent déjà de meilleures garanties pour le respect des paysages, mais elles laissent beaucoup de latitude dans linterprétation de ces directives.
La France, encore 1ère destination touristique mondiale a tout à perdre de la dégradation de ses paysages.
Beaucoup dautres mesures sont demandées comme :
- le respect de cône de visibilité autour des Monuments historiques et des sites remarquables
- des mesures pour prévenir les risques sur les personnes, que des accidents peuvent provoquer, et aussi des mesures plus précises concernant les autre nuisances : le bruit, les perturbation des radars de navigation aérienne et de la météo,....
Mais le plus choquant est que cette dégradation de nos paysages, que va entraîner le développement effréné des éoliennes, est accompagnée dun coût prohibitif pour la collectivité pour un effet marginal sur la réduction des GES. Lobligation de rachat de lélectricité à un taux très élevé, que les consommateurs français retrouvent répercutée sur leur facture, sous lappellation sibylline de CSPE, est une taxe supplémentaire significative. Elle a été vertement critiquée par une Commission dexperts, la CRE, Commission pour la Régulation de lEnergie, qui a chiffré le coût pour la collectivité à environ 2 à 2,5 milliards deuros par an , si les objectifs 2015 du gouvernement étaient atteints (27 milliards deuros en tout), et la rentabilité sur fonds propres investis entre 20 et 40% ainsi garantie aux promoteurs, rémunération plus que supérieure à la normale.
De plus, le choix de lénergie éolienne pour lutter contre les GES est contestable. Elle est en effet intermittente, et ne peut garantir une production délectricité quand on en a besoin ; elle oblige donc la France à construire actuellement des centrales supplémentaires permettant de faire face à un manque de vent, principalement des centrales au gaz , qui vont au contraire augmenter la production de GES.
Dans la lutte contre laugmentation des GES, il serait bien plus efficace de sattaquer aux causes majeures qui ne sont pas en France la production délectricité, mais le chauffage et les transports automobiles. Pour cela les domaines de développement des énergies renouvelables sont vastes et prometteurs :
- lexploitation de la biomasse, agricole et forestière.
- le développement des biocarburants, avec des cultures se prêtant bien à nos terres.(colza, betteraves, tournesol,....)
- lénergie solaire, sous ses 2 aspects thermique et photovoltaïque, pour chauffage ou électricité.
- la géothermie et les pompes à chaleur, ....
Des incitations fiscales commencent à être mise en place pour favoriser ces énergies, mais les investissements en recherche, qui pourraient donner à la France une avance technologique, sont encore loin de ce quils mériteraient dêtre pour faire face aux enjeux futurs.
Pour plus de détails consulter le site internet de la SPPEF à :
http://sppef.free.fr
Manifeste pour les paysages de France
eoliennes_et_paysages_sppef.pdf 175.36Ko
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