|
07.03.2007 - L'Impartial

Eolienne(s) à La Joux-du Plâne ?

NEUCHATEL - Alimenter plus de mille ménages avec du courant «cent pour cent vert». Voici le défi que se sont lancé onze agriculteurs vaudruziens. Ils envisagent de construire une éolienne de près de 140 mètres de haut à La Joux-du-Plâne. Vue d'un bon il par le canton, cette initiative locale compte aussi des détracteurs.
«Il est temps de passer aux énergies renouvelables. Une seule éolienne peut produire de l'électricité pour plus de mille ménages.» Il n'y a donc aucun doute à avoir selon Christian Weber . Il anime un groupe d'onze agriculteurs qui se sont lancés dans le projet d'une grande éolienne à La Joux-du-Plâne. «A une époque où l'on se pose des questions sur notre avenir énergétique, je pense que l'on ne peut plus faire l'économie de ce type de structure.»
L'idée d'une éolienne de 140 mètres de haut est née de l'esprit de l'agriculteur vaudruzien. «J'ai tout de suite pris une carte des vents pour voir si c'était réalisable», explique-t-il avec enthousiasme. «Comme je ne pouvais pas la construire devant chez moi, j'ai décroché mon téléphone.»
Ses appels ont porté leurs fruits: il a rallié dix de ses collègues au projet. «Nous avons étudié l'emplacement, ainsi que le financement.» Quarante-sept mille francs - 3000 francs par personne additionnés à un subside de 14 000 francs de Suisse Eole -, c'est l'enveloppe qu'a réunie le collectif afin d'entreprendre les premières démarches. «Nous sommes en train de récolter des données sur la vitesse des vents et le potentiel de la future structure. Nous nous situons pour le moment en dessous des conditions du Crêt-Meuron, mais au-dessus des conditions du Mont-Crosin.»
Jean-Luc Juvet , chef du Service cantonal de l'énergie , se dit favorable à ce type de projet. «Nous n'en pensons que du bien. Nous n'avions pas retenu ce site en raison de l'habitat dispersé que l'on y rencontre. Maintenant, si les habitants du coin y sont favorables et que le projet répond aux conditions nécessaires à l'obtention du permis de construire, nous n'y voyons pas d'objections.»
Son de cloche différent du côté de la Fondation pour l'aménagement et la protection du paysage (FP). «C'est du vent! Nous sommes une nouvelle fois face à un optimisme effréné. Insistons là où il existe déjà de telles structures», explique Richard Patthey , secrétaire de la FP. «Soyons réalistes: en dehors de quelques exceptions, la Suisse ne bénéficie pas de bonnes conditions de vent. De plus, cette énergie n'est pas stockable. On joue sur l'image de l'éolienne symbole des énergies renouvelables. Pourtant, ce n'est en tout cas pas une énergie de substitution. De complément tout au plus.»
Christian Weber reste convaincu que l'avenir lui donnera raison. «Si dans vingt ans nous découvrons quelque chose de plus performant, il suffira de retirer l'installation. Rien ne subsistera. Je ne pense pas que l'on pourra en dire autant si l'on construit de nouvelles centrales nucléaires dans le pays.»
|