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14.08.2007 - L'Est Républicain

Le refus motivé du préfet de laisser s'implanter des éoliennes au Crêt Monniot suscite des réactions.

HAUT-DOUBS - Partisans et détracteurs s'opposent.
Le refus du préfet de région, Jacques Barthélémy, de donner le feu vert à l'implantation de quinze éoliennes au Crêt Monniot et sur le Mont Pelé, ne cesse de susciter des réactions. « Je considère qu'il est plus honnête de motiver le refus explicitement », expliquait récemment le préfet (notre journal du 7 août).
Les élus du canton de Montbenoît ont surtout regretté de voir leur échapper les retombées de la taxe professionnelle que l'entreprise privée Eole-Res, promoteur du projet, leur avait laissé miroiter.
Y aura-t-il recours devant le tribunal administratif des uns ou de l'autre ? La question reste posée.
« Débat et référendum »
Délégué général d'Energie-Cités (association de villes européennes plaidant pour des politiques énergétiques locales durables), le Bisontin Gérard Magnin déplore le choix du préfet.
« Que va-t-on penser dans quelques années, alors que la question énergétique se fera encore plus brûlante de cette décision tournant le dos à l'avenir ? Et surtout quand on relira ses motivations, emboitant le pas à la DIREN, uniquement basées sur des considérations paysagères, appelant Courbet, homme de changement s'il en était, à la rescousse de l'immobilisme.
La protection de l'environnement ne passe-t-elle pas aussi par la capacité d'une société à faire évoluer ses paysages ? à en accepter de nouveaux ? à se préparer à un futur énergétique différent. Le préfet aurait sans doute refusé l'installation des premiers moulins à vent parce qu'il n'y en avait pas eu auparavant. Suite à des velléités de les détruire quelques siècles plus tard, il aurait vraisemblablement objecté qu'ils devaient être conservés parce qu'ils faisaient partie du paysage...
Un paysage n'est pas un état de nature. C'est le résultat d'une co-construction humaine avec la nature à un instant donné. Les éoliennes sont l'une des rares constructions énergétiques totalement réversibles, déconstructibles. Y a-t-il une DIREN et un préfet qui se seraient un jour opposés à une centrale énergétique d'un autre type, elle non-déconstructible ? ».
De leur côté, le Mouvement Franche-Comté et l'association Alerte Lomont en Danger se réjouissent du refus préfectoral. Ensemble, leurs deux responsables, Robert Valfrey et Jean-Claude Bonnot, indiquent : « Le préfet de région a sans ambiguité et fort justement argumenté sa décision en notifiant l'impact négatif des éoliennes sur le magnifique paysage du Haut-Doubs et en dénonçant la fragilité financière du projet qui ne dépend que d'un soutien provisoire d'EDF...Il a ainsi été mis fin aux tentatives de la société Eole-Res de vendre aux Franc-Comtois ses gigantesques moulins à vent dont la hauteur des pales atteindrait 150 mètres alors que nos sapins dépassent à peine 40 mètres, alors qu'à dépense égale, nous ferions mieux d'investir dans l'exploitation de la biomasse au rendement bien supérieur, tant pour la production d'énergie que pour la création d'emplois. Le préfet a fort opportunément rappelé que les communes envisageant d'accueillir plus de deux éoliennes doivent d'abord s'assurer de l'existence d'un consensus local et de l'absence d'impact paysager. »
Soulignant que le projet d'implantation d'éoliennes, celui-là accepté, sur le massif du Lomont, s'est fait sans consultation des habitants, les deux responsables poursuivent : « nous exigeons que soit systématiquement soumis à débat citoyen suivi d'un référendum local tout projet d'implanter des éoliennes. Ce n'est pas aux entreprises ni aux politiques ni aux tribunaux mais aux populations concernées de décider des transformations irréversibles de l'environnement naturel dans lequel elles vivent ».
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