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06.12.2007 - 24heures

Dix éoliennes fourniront l'entier de l'électricité aux Combiers

VALLÉE DE JOUX - La Société électrique de la Vallée, appuyée par la commune du Chenit, a élaboré l'implantation de dix machines dans la région du Marchairuz. Elles produiront 45 millions de kWh qui couvriront les besoins de la région.
Un méga projet doit permettre à la Vallée de faire un grand pas vers l'autarcie énergétique. D'ici à 2011, grâce à Eole, dix hélices réparties sur deux sites de la région du Marchairuz seront à même de fournir aux Combiers une quantité d'électricité égale à celle qu'ils utilisent.
Le site principal sera le haut plateau des Grands Plats de Vent, à mi-chemin entre Le Brassus et la douane, lequel se verra doté de sept éoliennes.
Trois autres hélices seront installées au Pré de Bière, juste en dessous du sommet du col du Marchairuz. Ces engins à fabriquer de l'électricité propre seront à même de dispenser quelque 45 millions de kWh, soit le 100% des besoins énergétiques des Combiers, selon les estimations prévues pour 2011. Une belle performance, quand on sait que le parc éolien suisse ne débite aujourd'hui que 16 millions de kWh.
Distributeur et producteur
Tous consommateurs confondus, l'électricité fournie aujourd'hui par la Société électrique de la vallée de Joux (SEVJ) oscille autour des 43 millions de kWh. Pour Alain Bourqui, directeur de la SEVJ, «la Vallée est le parent pauvre de l'électricité. Elle doit l'acheter pour la revendre à ses clients. Et avec sa prochaine libéralisation, il devient impératif de ne plus être uniquement distributeur, mais aussi producteur. Notre but n'est pas de faire de l'argent, mais de jouir d'une certaine indépendance.»
Cette réflexion est à la genèse de ce projet ambitieux, fantastique et écologique, que mijotait le directeur depuis quelques années déjà, appuyé par le président du conseil d'administration de la société, Laurent Reymondin. Ils l'ont présenté hier à la presse puis, en soirée, à la population au Casino du Brassus. Ils étaient accompagnés des deux associés du bureau d'étude lausannois KohleNusbaum, spécialisé en planification de l'énergie éolienne.
Les sites, pressentis par les initiateurs ont été confirmés par l'étude menée par le bureau lausannois. Le Risoux, très boisé, n'offrait pas suffisamment de voies faciles d'accès.
La SEVJ, fortement ancrée dans le respect de l'environnement (la majeure partie du réseau électrique est enterrée), se devait d'élaborer un projet allant dans ce sens. Dès lors, ces implantations sur le flanc naturellement déboisé de la chaîne du Mont-Tendre bénéficiant d'un gisement éolien important se sont imposées dans le choix. Seul le terrain accidenté de ces pâturages aurait pu nuire à une bonne «alimentation venteuse» par des remous.
La solution? Aller chercher le vent en altitude. A 138 mètres, très précisément, soit la hauteur du mât (178 mètres avec une pale de l'hélice à la verticale).
Ce projet s'inscrit dans la tradition de l'utilisation durable de la chaîne du Jura. Son impact sur la nature est assez faible, avec un nombre restreint d'éoliennes et peu d'impact sur la faune. Sans oublier une importante réduction des émissions de CO2: jusqu'à un million de tonnes, sur vingt-cinq ans d'exploitation.
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