|
06.12.2007 - La Liberté

Semsales plébiscite les éoliennes

FRIBOURG - Les citoyens ont approuvé mardi le projet saint-gallois, qui table sur dix éoliennes. Investissement de la société: 50 millions. Début de l'exploitation prévu en 2010.
Dix hélices blanches découpant leurs pales dans le ciel, sur les hauts de Semsales. La perspective a enthousiasmé les 120 citoyens du village réunis mardi soir en assemblée. Ils ont approuvé à l'unanimité et sous un tonnerre d'applaudissements le projet qui lie désormais par convention la commune et SwissWinds. Si tout va bien, la société saint-galloise espère exploiter ses premières éoliennes en 2010 déjà. Détails du projet.
Le parc
SwissWinds table sur «une hypothèse de départ» de dix éoliennes au moins, mais la convention limite le nombre maximal à 21. L'effectif exact sera dicté par les mesures de vents qui débuteront ce printemps, pour une année.
Le coût d'une éolienne?
«Environ 5 millions de francs clés en main», indique Thierry Volery, directeur de SwissWinds et professeur à l'Université de Saint-Gall. Chacun de ces colosses blancs sera doté d'un mât de 80 à 110 mètres de haut et de pales de 70 à 80 mètres de diamètre, pour un poids de 150 tonnes. Surface nécessaire: 4000 m2 par éolienne. Mais l'emprise est assez faible pour que le terrain reste ouvert à l'exploitation agricole. Si elles fonctionnent en moyenne 2500 heures par an à plein régime, ces dix éoliennes d'une puissance de 2 mégawatts chacune produiront 50 000 mégawatts par an. De quoi couvrir les besoins en électricité de 8000 personnes.
Le site
Il reste à définir, mais se situera dans le secteur des Alpettes, de la Goille aux Cerfs et des Plannes. Une zone assez floue recensée en 2002 au Plan sectoriel de l'énergie du canton. Ceci avec les mentions «8 éoliennes envisageables» et «site pour lequel les conditions de vent sont particulièrement incertaines». Cette inscription garantit néanmoins que les services de l'Etat se sont déjà prononcés sur la recevabilité du site.
Les risques
David Hunziker, conseiller communal chargé du dossier, l'a répété: «Semsales n'investit pas un franc dans ce projet.» De son côté, Thierry Volery, également directeur de l'Institut des PME de Saint-Gall, relève que l'énergie éolienne est en plein boum: «Nous avons aussi initié un projet sur le col du Grimsel. Depuis qu'il a été rendu public, mon téléphone n'arrête pas de sonner. L'énergie éolienne intéresse les banques et les distributeurs d'électricité. Nous sommes confiants, même en tablant sur un prix de rachat pessimiste de 17 ct./kWh.» Et de souligner que SwissWinds possède des liens étroits avec l'Allemagne, plus gros producteur d'énergie éolienne du monde.
La dot
L'opération s'annonce juteuse pour Semsales. En contrepartie d'un droit de superficie de 99 ans, elle touchera environ 250 000 francs, soit 3% du chiffre d'affaires annuel de la future société SwissWinds Semsales, dont elle sera cofondatrice. La commune pourra entrer dans le capital de la société, à son gré. Elle pourra, quoi qu'il en soit, devenir autonome en matière d'approvisionnement électrique.
La construction du parc occasionnera entre 2 et 3 millions de francs de retombées dans la région, juge Thierry Volery. Quant à l'exploitation, elle créera deux ou trois emplois à plein-temps. «On peut estimer à 500 000 francs par an les revenus générés par les salaires ou les commandes et autres dépenses effectuées dans la région. Sans compter les recettes liées au tourisme.»
Les nuisances
A en croire SwissWinds, elles seront négligeables. «Le site sera éloigné des habitations. Grâce à la technologie actuelle, le bruit généré par une éolienne est quasi inexistant à 300 mètres de sa source.» Côté intégration au paysage, d'autres projets ont déjà créé une jurisprudence qui devrait neutraliser nombre d'oppositions. Prévoyante, la commune de Semsales a d'ailleurs exigé que les lignes reliant le parc au réseau de distribution soient enterrées.
|