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05.03.2008 - Le Temps

ARC JURASSIEN - Les Forces motrices bernoises investissent en masse

MONT-CROSIN -Même si leur part est aujourd'hui confidentielle et l'objectif, à l'horizon 2030, limité à 5% de la consommation électrique, les énergies renouvelables sont un marché en Suisse, ne serait-ce que pour la vitrine qu'elles offrent. La concurrence y est vive. Les Forces motrices bernoises (FMB Energie SA) jouent cette carte depuis quinze ans, avec la centrale photovoltaïque de Mont-Soleil et le parc éolien de Mont-Crosin, dans le Jura bernois. «Le Jura, terres d'énergies renouvelables», s'exclame Martin Pfisterer, président de sol-E Suisse, la filiale des FMB qui promeut les énergies durables.
«Des rumeurs prétendent que nous allons nous retirer, poursuit-il. C'est le contraire. Nous entendons réaliser 20 à 25% de l'objectif national: investir 250 millions d'ici à 2011 pour produire 160 GWh de courant vert, et viser 1300 GWh d'ici à 2030, dont un quart d'éolien.» Pour situer l'ampleur de la tâche, les huit éoliennes actuelles de Mont-Crosin fournissent 10 GWh par an.
Dans l'immédiat, l'intérêt est focalisé sur l'éolien. Les projets fleurissent, mais ne pourront pas se multiplier à l'infini. Pour deux raisons: les sites où le vent souffle en suffisance ne sont pas très nombreux, et pour beaucoup d'entre eux, l'accessibilité, l'éloignement des réseaux électriques et la protection du paysage sont des obstacles rédhibitoires.
Les crêtes de l'Arc jurassien sont ainsi très prisées. Sol-E prévoit de doubler le nombre de mâts du parc de Mont-Crosin. Passer de huit à seize éoliennes pour produire 30 GWh. «La technologie se bonifie, l'efficacité s'accroît», affirme Jakob Vollenweider, de sol-E, qui estime à une quarantaine le nombre d'éoliennes à installer d'ici à 2030 pour fournir le courant vert souhaité.
Il ne suffit pas de planifier et de planter les éoliennes ici et là. La rentabilité est un élément décisif. Il faut avoir la capacité de vendre le courant vert. Les FMB disposent d'un million et demi de clients, dont 10000 achètent déjà de l'électricité verte.
L'intégration des machines dans l'environnement est un élément sensible. Les FMB exhibent leur expérience réussie au Mont-Crosin. «Sol-E Suisse préconise un concept global, assène Martin Pfisterer. Nous avons un know how sans pareil.» Technologique, mais aussi dans le domaine sensible de l'acceptabilité par la population. Les FMB travaillent avec les communes, les propriétaires fonciers, les paysans, les associations de protection du paysage.
Les missionnaires des FMB
Pour convaincre, dans le terrain, la société bernoise a engagé deux ex-conseillers nationaux, proches des milieux agricoles et sans attache écologique: l'UDC Walter Schmied, chargé de prospecter la région jurassienne, et le libéral Serge Beck, appelé à quadriller le sud de la Suisse romande. «C'est un emploi à 50%, complémentaire à celui de syndic de Le Vaud à 30%, et aux 20% que je consacre à mon exploitation, explique-t-il. Ce qui me plaît dans cette fonction? L'absence de sectarisme aux FMB. Je reste un partisan des centrales nucléaires, car elles sont indispensables. Mais je prône également le développement d'autres sources d'énergie.»
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