FRIBOURG - C'est niet. Le canton vient de refuser le site proposé par la société SwissWinds pour l'implantation d'un parc de 10 éoliennes sur les hauts de Semsales. «Le périmètre de la Goille aux Cerfs, des Alpettes et du Niremont se trouve dans une zone marécageuse d'importance nationale et protégée», explique Serge Boschung, du Service des transports et de l'énergie, qui coordonne le dossier. «Ce secteur est d'emblée exclu, au niveau fédéral.»
La nouvelle fait l'effet d'un cyclone à Semsales, où les citoyens avaient plébiscité le partenariat entre SwissWinds et leur commune en décembre dernier. «Le Conseil est extrêmement fâché», enrage le conseiller communal David Hunziker, confirmant une information parue samedi dans «La Gruyère». «Nous avons reçu un courrier de l'Etat il y a une douzaine de jours. Depuis, nous demandons en vain un entretien. Le Niremont n'est pas entièrement protégé et ces zones marécageuses, fixées il y a des années, ne se justifient plus forcément. Nous n'avons même pas de cartes... Nous voulons savoir quelle est notre marge de manuvre. Nous attendions un autre traitement du canton», lâche David Hunziker, qui n'est pas près de renoncer.
De son côté, SwissWinds attend pour voir: «Nous allons déterminer la suite à donner au dossier avec la commune», indique le directeur Thierry Volery, en se disant «très déçu» par la décision du canton. La société saint-galloise n'a déposé aucune demande concernant son projet plébiscité par Bellegarde, au col des Euchsels. Le canton émet déjà des réserves officieuses quant aux dimensions de ce second parc.
SwissWinds avoue d'autres projets avancés, en Valais et notamment au Grimsel, où un mât de mesure est posé. «Mais Semsales et les Euchsels restent importants», insiste Thierry Volery.
Situation différente à La Roche. Le 28 avril, la société Groupe E Greenwatt, filiale du Groupe E, informera les citoyens d'un projet de 5 éoliennes (30 millions de fr.) prévu au sommet du Cousimbert, au plus tôt en 2012. «Nous n'en sommes qu'au stade de la pré-étude», souligne Patrick Sudan, directeur ad interim de Greenwatt. «Aucun vote n'est prévu», abonde le syndic Joël Brodard: «Le Conseil a donné un préavis favorable. Nous avons signé une convention d'exclusivité et nous pourrons participer au capital-actions de la société d'exploitation. Cela dit, la commune n'est pas propriétaire des terrains et ne sera pas active dans ce dossier.» Greenwatt négocie avec les propriétaires, qui pourraient toucher un pourcentage du chiffre d'affaires.
Une demande été déposée pour que le Cousimbert figure dans la planification cantonale, en cours de révision. «Le groupe de travail ne rendra son rapport qu'en juin», indique Serge Boschung. «Cette révision s'imposait au vu du changement des conditions-cadres depuis le dernier plan sectoriel des énergies, qui date de 2002. Elle vise à la centralisation des parcs. Celui du Cousimbert, proche du site du Schwyberg, sera analysé. Il avait été rejeté à l'époque, parce que situé en première ligne des Préalpes et sur une zone de vols migratoires. Mais sa candidature est au moins envisageable. Il n'en va pas de même au Niremont: le canton ne peut aller contre un inventaire fédéral.»