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30.05.2008 - L’Impartial

Il n’est pas trop tard...

CRÊTES DU JURA - Ce lecteur plaide pour un moratoire dans le domaine de l’énergie éolienne.
Que les peintres, les photographes, l’office du tourisme lui-même n’ont- ils loué la grandeur, la qualité et la beauté des paysages jurassiens? Que ne veut-on pas préserver durablement à force de lois et d’interdictions? Que n’a-t-on pas réglementé l’occupation du sous-sol, du sol, de l’urbanisation dans laquelle la construction d’un poulailler ou d’un garage devient parcours de combattant?
Aujourd’hui, ô paradoxes, des investisseurs, souvent étrangers, sous couvert de label vert, de Kyoto, CO2, etc., font pression auprès des privés et communes pour développer à leur profit des centrales éoliennes. Pas une semaine sans annonce de projets plus grands et plus «beaux»!
Alors que le Tribunal administratif neuchâtelois avait, en connaissance de cause, débouté les promoteurs de l’usine Crêt-Meuron, aujourd’hui projet déjà dépassé et obsolète, le TF a ouvert la boîte de Pandore à toutes les espèces de spéculations énergétiques éoliennes.
La nécessité d’un développement d’énergies renouvelables ne fait aucun doute en parallèle au nucléaire. A l’heure où le CSEM, fleuron neuchâtelois, crée des îles solaires, où le photovoltaïque fait honneur à nos chercheurs à la pointe du développement, où l’hydrogène promet de nombreuses applications, la géothermie, la biomasse apportent une valeur ajoutée, la Suisse et principalement notre canton, au nom du RUN et d’autonomie régionale, sont restés au stade de la colonisation de nos sommets par des épouvantails clignotants à plus de 120 mètres de hauteur.
Alors que d’autres régions demandent urgemment d’enterrer les lignes électriques, protègent des sites, classent des régions, nous déclassons nos fleurons naturels, seule matière première neuchâteloise. Allez comprendre!
Il devient urgent que la Confédération s’occupe enfin d’un plan directeur énergétique et définisse avec les régions les sites de moindre valeur à dénaturer.
Les pays d’expérience souvent cités en exemple ont regroupé les éoliennes en parcs de centaines d’unité. Une visite à Mont- Soleil, où tout pourrait être centralisé à la satisfaction des promoteurs régionaux, suffit à être informé sur les impacts de cette technologie (visibilité à des km, emprise, bruit, électrosmog à l’étude, etc).
Dossier urgent au plan de l’aménagement du territoire car il n’est pas trop tard pour tout réactualiser afin que d’aucun ne s’approprie l’horizon, seul espace encore libre, et en conséquence ne le vole à l’autre. Dans cette attente, un moratoire s’impose dans le domaine éolien au profit d’un transfert dans des technologies modernes et respectueuses.
ERIC ROBERT PRÉSIDENT DU CONSEIL COMMUNAL DE LA SAGNE
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