LA VUE-DES-ALPES - Le Conseil général de Cernier ne votera pas lundi soir sur la construction de trois éoliennes sur son territoire, à La Vue-des-Alpes. Le Conseil communal a préféré reporter la décision plutôt que de risquer un refus. La Région Val-de-Ruz regrette ce renvoi et tentera de convaincre les élus locaux.
Le Conseil général de Cernier aurait dû se prononcer lundi prochain sur une convention relative au projet éolien de La Vue-des-Alpes. Mais ce point a été retiré de l'ordre du jour, au profit d'une simple information, sans décision.
«Nous sommes à 100% favorables à ces éoliennes, mais nous ne voulons pas précipiter les choses et risquer un refus du Conseil général», explique Didier Grétillat, conseiller communal responsable de l'énergie. L'exécutif de Cernier pense donc donner «davantage de chances» au projet en reportant le vote, qui devrait intervenir à la mi-mai.
Président du groupe de travail «éolien» de la Région Val-de-Ruz et initiateur du projet, Giuliano Viali regrette que le calendrier soit ainsi retardé. «Nous serons présents lundi soir au Conseil général et nous ferons le maximum pour calmer les craintes, en toute transparence.»
Pour mémoire, dans sa volonté de rendre le district énergétiquement autonome, la Région projette de construire une demi-douzaine d'éoliennes sur le secteur Vue-des-Alpes /Montperreux (rien à voir avec le projet Crêt-Meuron /Tête-de-Ran). Les terrains appartenant à la commune de Fontaines, sans accès et trop visibles depuis le Val-de-Ruz, ont été abandonnés. Mais des accords sont signés ou en voie de l'être pour deux parcelles privées (une éolienne sur chacune).
Des tractations sont aussi en cours avec la commune de Cernier, dont le territoire du Montperreux pourrait accueillir trois éoliennes. Le Conseil général avait d'ailleurs en avril dernier, non sans débat, donné à son exécutif la compétence d'accorder un droit de superficie pour ces réalisations.
Seulement, la convention proposée aujourd'hui par la Région va au-delà de la cession des terres, explique Didier Grétillat. Elle porte aussi sur le choix du partenaire Greenwatt ainsi que sur un «montage financier un peu flou» et pose des questions de compétence législative. Des points que le Conseil communal veut clarifier avant de soumettre la convention aux conseillers généraux.
«Nous n'avons rien à cacher, il n'y a pas anguille sous roche», assure Giuliano Viali. «Cette convention doit simplement permettre de construire une centrale éolienne via une société composée à 70% par la Région et à 30% par Greenwatt». Cette filiale «verte» du Groupe E assurerait le total des investissements. Après déductions des frais techniques et financiers, le produit de la vente du courant - plusieurs centaines de milliers de francs par an - serait réparti entre les communes du Val-de-Ruz.
«La Région a tout à y gagner», plaide Giuliano Viali. «Il nous faut être sûrs d'avoir les terrains pour affiner les mesures de vent puis déposer les demandes de permis de construire. Si nous ne le faisons pas à temps, ce sont des promoteurs privés, parfois extérieurs au canton, qui prendront le relais. Alors, les communes n'en retireraient rien.»