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30.05.2009 - Le Courrier

La Givrine, un site dans le vent

JURA VAUDOIS - Saint-Cergue, Trélex et Givrins ont signé avec les FMB un accord sur la construction de cinq éoliennes. Devis: 30 millions.
Les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Et recourir à la force du vent, justement, semble devenir furieusement tendance dans le canton, à l'heure où la ville de Lausanne envisage la construction d'un parc éolien près du Chalet-à-Gobet ainsi qu'à la vallée de Joux.
Hier, les communes de Saint-Cergue, Trélex et Givrins ont sauté le pas, en signant un partenariat avec sol-E Suisse SA et la Société électrique des forces de l'Aubonne (SEFA) pour la construction d'un parc éolien à la Givrine. Les cinq rotors géants qui le composeront devraient être opérationnels d'ici 2013.
«D'une manière générale, toute la chaîne du Jura est une bonne zone pour les sites éoliens, mais la Givrine a un potentiel de vent particulièrement intéressant, explique Sebastian Vogler, porte-parole des Forces motrices bernoises (FMB, dont sol-E Suisse est une filiale). Dans ce sens, nous avons approché les communes, qui ont été d'accord de s'engager avec nous.»
L'électricien, qui exploite également la centrale éolienne du Mont-Crosin dans le Jura bernois, prendra à sa charge l'ensemble des investissements, estimés entre 25 et 30 millions de francs, «à moins que, plus tard, une des communes veuille se présenter comme investisseur», précise l'attaché de presse.
Attention les oiseaux!
Dotées d'une puissance de 2 mégawatts chacune, les éoliennes pourraient assurer une production équivalente à la consommation annuelle de quelque 4000 ménages, estiment les FMB. Autre avantage du site du haut du district de Nyon: son accessibilité, tant du point de vue du réseau routier que du réseau électrique.
Reste qu'une telle installation ne sera pas sans effets sur la faune, d'autant que la chaîne du Jura constitue un point de passage privilégié des oiseaux migrateurs. Interrogée, l'entreprise dit vouloir jouer la carte verte. «Nous sommes conscients de ces problèmes et nous sommes prêts à en discuter avec les organisations de défense de l'environnement. Nous allons maintenant prendre contact avec elles», assure Sebastian Vogler.
POUR DES ZONES MIEUX DÉLIMITÉES
Que pensent les défenseurs de l'environnement du projet de parc éolien au-dessus de Saint-Cergue?
Si Pro Natura est favorable aux éoliennes, celles-ci ne doivent en aucun cas empiéter sur des zones protégées. «Nous demandons que les emplacements choisis pour des projets éoliens ne soient pas des lieux figurant dans l'inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale, explique Michel Bongard, secrétaire exécutif de sa section vaudoise. Dans le cas présent, nous espérons que le projet de la Givrine ne pose pas problème et qu'il respecte le concept d'énergie éolienne pour la Suisse, élaboré par la Confédération en 2004.»
«En outre, comme pour tout projet d'infrastructure, il faut qu'une étude d'impact environnemental soit menée pour établir sa faisabilité quant à la préservation de la faune, en particulier les oiseaux et les chauves-souris. Il faut étudier précisément l'état de leur population respective et vérifier que l'emplacement retenu ne se situe pas sur un couloir important de migration des oiseaux.» Si des atteintes ne peuvent être évitées, la loi sur la protection de la nature et du paysage exige des compensations, rappelle encore Michel Bongard.
D'une manière générale, face à la multiplication des projets, reflet de l'intérêt croissant des entreprises électriques pour l'énergie éolienne (et de la manne financière qu'elle représente!), l'organisation souhaite que les zones d'implantation des parcs éoliens soient clairement délimitées. Elle a ainsi écrit à deux reprises au Conseil d'Etat pour demander la mise en oeuvre d'une planification cantonale à cet effet. Mais l'exécutif ne l'entend pas de cette oreille, comme l'a rappelé la conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro lors de la dernière assemblée générale de Pro Natura Vaud. «Elle nous a affirmé qu'elle ne voulait pas de planification, ceci pour ne pas freiner les initiatives du marché, regrette Michel Bongard. Or en matière de préservation du paysage, le marché doit absolument être régulé!»
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