GENEVE - CRÊTES DU JURA - Les SIG veulent simposer commes les leaders de léolien en Suisse. En partenariat avec la société tessinoise Reninvest, ils investissent 300 millions pour construire 70 éoliennes sur les crêtes du Jura.
Ils sont fin prêts pour coloniser les crêtes du Jura. Les Services industriels de Genève (SIG), associés à la société tessinoise REnInvest, implanteront, à lhorizon 2015, 70 éoliennes sur sept sites montagneux entre Vaud et Soleure, ont-ils annoncé hier.
Le projet leur coûtera 300 millions. Par son ampleur, il dépasse tous les autres programmes de parcs éoliens lancés à lheure actuelle. «Les SIG deviennent leaders dans ce domaine», se félicite André Hurter, le directeur général de la régie publique. Les turbines permettront de produire 240 GWh, «soit un quart du potentiel éolien identifié en Suisse», souligne-t-il.
Lentreprise diversifie ainsi son offre en matière dénergies renouvelables, en complétant son programme destiné à développer le secteur photovoltaïque. Plus globalement, le projet vient étoffer la stratégie de la régie destinée à réduire sa forte dépendance aux marchés extérieurs pour se fournir en électricité. Alors que le canton produit seulement 25% de ce quil consomme, le parc éolien devrait permettre daccroître la production électrique genevoise de 7%. Et dalimenter 70 000 ménages.
Un savoir-faire tessinois
Pour mener à bien leur projet, les SIG se sont associés à REnInvest, une entreprise tessinoise créée en 2004, qui réalise divers projets éoliens en Suisse, en Italie, en Allemagne et en Grèce. REnInvest a apporté son savoir-faire aux SIG, qui se chargent pour leur part de lessentiel du financement, ainsi que «de lappui logistique, et du lobbying», souligne André Hurter.
Tout juste signé, laccord entre les deux partenaires prévoit la création de sept sociétés locales, détenues à 70% par SIG et à 30% par REnInvest, dans chacune des sept communes où des éoliennes seront érigées. Elles seront chargées de la gestion des sites. Impossible à réaliser sur le territoire genevois où les vents sont trop faibles, le projet se concentre sur les hauteurs de lArc jurassien. Cest le site vaudois de La Grandsonnaz qui se montre le plus accueillant: 22 turbines devraient être construites sur son territoire. Boveresse (NE) abritera pour sa part 16 éoliennes, suivie par les communes bernoises de Romont (10), Moutier (8) et Tramelan (4). Quatre appareils seront également érigés à Schwängimatt dans le canton de Soleure, et trois autres à Ronde Noire (VD). Les premiers devraient être activés en 2011 ou 2012.
Un mât de 100 mètres
«Les éoliennes sont constituées dun mât dune centaine de mètres de haut, dune hélice de 90 mètres de diamètre et dun socle de 3000 tonnes», explique Pascal Abbet, membre de la direction des SIG.
Malgré laspect imposant des machines, lentreprise ne semble pas craindre que son offensive provoque une levée de boucliers, alors quelle vient sajouter à une série dautres projets prévus sur les crêtes du Jura (lire ci-dessous). «Les sites ont été approuvés par les communes, les cantons, et Pro Natura, relève André Hurter. Notre projet est le plus avancé de tous ceux qui ont été présentés à ce jour. Certains mâts de mesure du vent ont même déjà été installés.» Claudio Zanini, directeur général de REnInvest, renchérit: «Pour lheure, tout sest bien passé, nous avons dexcellents contacts avec les propriétaires fonciers, le centre ornithologique de Sempach ou Pro Natura. Et nous limiterons au maximum limpact environnemental des éoliennes.»
Si la manière dont leur projet sera accueilli par les habitants des communes concernées peut encore réserver des surprises à SIG et à REnInvest, les deux entreprises nauront pas à se soucier de la rentabilité du parc éolien: lopérateur Swissgrid garantit le rachat de tout le courant à un prix de 20 ct le kWh pendant cinq ans, et ensuite à 17 ct/kWh.
Une sécurité pour les SIG, qui financent leur part du projet en puisant dans leur cash-flow, auquel sajoutent 60 millions issus de la création de la société Alpiq.