MONT-CROSIN - La recette des FMB pour faire accepter huit nouvelles éoliennes à Mont-Crosin.
Lunique parc éolien en activité de Suisse double le nombre de turbines et multipliera la production par quatre.
«Ceux qui veulent construire des centaines déoliennes pour prétendre aux subventions fédérales ne savent pas ce quil faut faire.» Martin Pfisterer, Monsieur énergies renouvelables aux Forces motrices bernoises, patron des centrales solaire et éolienne de Mont-Soleil et Mont-Crosin, ironise quand il compare ses résultats concrets aux projets qui fleurissent sur les crêtes jurassiennes. Juvent, filiale des FMB, a mis en chantier mardi huit nouvelles éoliennes à Mont-Crosin, en plus des huit existantes. Lorsquelles tourneront, en automne 2010, la production passera de 9 à près de 40 millions de kWh par an, soit la consommation de 12'000 ménages.
«Respect mutuel»
Pourquoi les projets de Juvent aboutissent-ils alors que dautres piétinent? «Nous avons construit une base de respect mutuel avec les propriétaires, les exploitants, la population, les autorités, répond Martin Pfisterer. On travaille ensemble.» Il tutoie les maires des communes qui hébergent les éoliennes, Saint-Imier, Cormoret, Courtelary et Villeret. Il plaisante avec les paysans de la montagne, tous invités au lancement du chantier.
«Nous produisons de léco-courant, mais nous préservons aussi les intérêts de la région et de lenvironnement», poursuit Martin Pfisterer. Il répartit les éoliennes sur les terres des paysans pour éviter les jalousies. Sa société fait du parc éolien un atout touristique, «qui génère un million de plus-values par an».
La méthode fait ses preuves. Lextension du parc de Mont-Crosin est laboutissement dun processus de neuf ans. Juvent a sollicité un bureau indépendant pour confirmer que les turbines ne dénaturent pas trop le paysage. Létude a conclu quil était possible den implanter vingt à Mont-Crosin. «Nous nous arrêterons à seize», certifie Martin Pfisterer. Lors de la mise à lenquête, il ny a pas eu dopposition.
Les huit machines Vestas de 2 mégawatts chacune, avec des mâts de 95 mètres et des pâles de 45, sont fabriquées au Danemark. Linvestissement est de 52 millions, dont 12 pour renforcer le réseau électrique, enterrer les lignes et construire une sous-station. Juvent joue la carte verte: les machines seront acheminées sur le Rhin. Puis montées avec une grue télescopique géante, qui requiert deux fois moins de surface et de temps que les grues conventionnelles à chenilles. Le bilan environnemental est plus favorable.