NEUCHATEL - C'est par un «oui, mais...» que Suisse Eole, l'Association pour la promotion de l'énergie éolienne en Suisse, a pris position hier sur le développement éolien du canton de Neuchâtel. Ce projet est en consultation jusqu'à fin octobre.
«Nous saluons la volonté du Conseil d'Etat d'aller de l'avant. Son nouveau concept éolien est bien pensé en termes de concentration et d'efficacité», commente le président de Suisse Eole, Laurent Favre, conseiller national neuchâtelois et directeur de la chambre cantonale d'agriculture. «Mais les obstacles mis à la concrétisation de parcs d'éoliennes nous gênent. Ces restrictions sont encore plus sévères que les recommandations fédérales réduisant l'impact des éoliennes sur le paysage et la nature.»
Dans son objectif d'autonomie énergétique, le Département neuchâtelois de la gestion du territoire a sélectionné en septembre six sites appropriés permettant la construction de 50 éoliennes. Ces machines produiraient 18% de la consommation cantonale d'électricité. Insuffisant aux yeux de Suisse Eole.
«Cette planification, qui exclut d'emblée toute construction d'éoliennes ailleurs, n'est pas assez souple et évolutive», commente Laurent Favre. «Il faudrait en tout cas prévoir des sites de réserve, au cas où l'une ou l'autre réalisation projetée sur les six secteurs prioritaires échouait.»
L'interdiction de construire des éoliennes sur plusieurs sites potentiels et dans certaines zones des secteurs retenus, sans passer par une phase de test, est jugée «contraire à la liberté d'entreprendre». Et frileuse par rapport au potentiel.
«Le vent est la matière première de nos régions périphériques», insiste le président de Suisse Eole. «Ces régions profiteront de l'argent investi dans cette énergie locale renouvelable, pas chère à moyen terme et plus sûre que nos importations nucléaires ou pétrolières.»
Une position assez semblable émane de la Chambre neuchâteloise d'agriculture. Largement favorables au développement éolien, les exploitants y voient même une opportunité de diversification (mise à disposition de terrains, création de leurs propres éoliennes).
«Huit à dix sites éoliens bien réalisés pourraient produire 35% de l'électricité consommée», conclut Laurent Favre, «sans atteinte exagérée à la conservation de nos précieux paysages».
Sites retenus: Communal de La Sagne, alentours de la Montagne-de-Buttes, de la Joux-du-Plâne, du Crêt-Meuron /Tête-de-Ran, de La Vue-des-Alpes et de la Charbonnière (des Pradières au plat de la Tourne)
Remarque de Juracretes:
L'Impartial oublie curieusement de mentionner clairement le passage ci-dessous de l'avis de Suisse Eole qui concerne tout particulièrement la ville de La Chaux-de-Fonds et du Locle:
Exclusion de la zone tampon Unesco autour des villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle : cette exclusion est arbitraire et seule lUnesco peut se prononcer à ce sujet. Dans le canton de Lucerne, des installations ont dores et déjà été acceptées autour de zones de protection Unesco. Les deux villes ont été classées au patrimoine mondial pour leur patrimoine architectural horloger, soit un élément urbain et industriel. Invoquer la zone tampon Unesco pour exclure limplantation dénergies renouvelables fige toute possibilité d'évolution vers une durabilité industrielle locale,
Suisse Eole demande que la zone tampon de lUnesco ne soit pas considérée comme unezone dexclusion.