MONTAGNE DE BUTTES - Dans la course qui oppose les sociétés Greenwatt (filiale du Groupe E) et Alpine Wind pour la création d'un parc éolien sur la Montagne de Buttes, la seconde a marqué un point important. Elle vient de signer une convention de collaboration avec Les Verrières.
«Nous ne cherchons pas la guerre, et je ne peux pas m'imaginer que nous ne trouvions pas une solution avec Greenwatt.»
Matthias Haldimann, chef du projet Alpine Wind pour le parc éolien de la Montagne de Buttes, est ravi d'avoir franchi un pas décisif dans l'avancée du dossier. La société bernoise, soutenue par des fonds irlandais, vient en effet de signer une convention de collaboration avec la commune des Verrières, sur le territoire de laquelle se situe une importante partie du projet. Et ce au nez et à la barbe de Greenwatt, la filiale verte du Groupe E, elle aussi fortement intéressée par le site pour développer son parc éolien.
«Avec cette convention, la commune s'engage à nous soutenir dans les mesures légales et à ne pas accorder à quelqu'un d'autre le droit de développer le projet», explique Matthias Haldimann. En échange, Les Verrières se verront attribuer une participation financière annuelle fixe.
Alpine Wind avait déjà pris une longueur d'avance sur Greenwatt en concluant un contrat avec la majeure partie des propriétaires terriens concernés par le projet. Une stratégie qui s'est avérée payante. «Nous avons reçu des belles offres des deux sociétés», précise Jean-Bernard Wieland, président des Verrières. «Mais les contrats signés avec une dizaine de propriétaires ont fait pencher la balance en faveur d'Alpine Wind. Ce choix a paru logique à l'ensemble du Conseil communal.»
Greenwatt, dont ce n'est pas forcément la politique, a pour sa part obtenu des garanties de deux agriculteurs qui possèdent des parcelles au c½ur du futur parc, sur la commune de Val-de-Travers. Ce qui lui permet de ne pas perdre tout espoir de pouvoir obtenir l'exploitation du site.
Toutefois, la nouvelle mouture du plan directeur cantonal présentée à la mi-septembre offre un avantage supplémentaire à Alpine Wind. En effet, la zone destinée à accueillir le parc a été étendue en ouest, sur le territoire des Verrières. Ce qui devrait lui permettre d'implanter quatre éoliennes supplémentaires, soit 28 au total, dont une dizaine seulement sur Val-de-Travers.
Dans l'immédiat, la société Verrivent SA sera créée la semaine prochaine aux Verrières afin de gérer le projet. Un conseiller communal des Verrières siégera au conseil d'administration aux côtés de représentants d'Alpine Wind et des Services industriels genevois, partenaires de la société bernoise.
Décision pas appréciée
«Nous n'apprécions pas beaucoup la décision des Verrières, mais en prenons acte», déplore Pierre-Alain Rumley, conseiller communal de Val-de-Travers en charge du dossier. Et alors qu'il avait annoncé en novembre dernier que la commune allait signer un contrat avec Greenwatt d'ici fin 2009, la situation est bien différente aujourd'hui. «Nous sommes en train de travailler avec La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel et Le Locle sur la motion des Verts pour la création d'une société intercommunale qui exploiterait des sites éoliens dans l'ensemble du canton.» La décision devrait tomber d'ici juin. Mais avec ou sans société cantonale, Pierre-Alain Rumley n'exclut désormais aucune piste, y compris celle d'Alpine Wind. «L'option des Verrières ne ferme aucune porte pour nous.» /fno
«Nous ne lâchons pas»
«Nous aurions souhaité travailler avec les deux communes, mais nous ne lâchons pas le projet pour autant», souligne Jean-Michel Bonvin, directeur de Greenwatt, qui compte toujours sur la promesse de collaboration faite par la commune de Val-de-Travers à la fin de l'année dernière. Il est d'autant plus confiant que la politique de Greenwatt, offrant aux communes la possibilité d'être actionnaires jusqu'à hauteur de 65 à 70%, va dans le sens de la motion des Verts, qui veut que l'éolien reste en mains publiques. En attendant, la filiale verte du Groupe E continue de plancher sur son projet, avec tout de même un atout en main pour négocier: le parc éolien devra quoi qu'il en soit être raccordé au réseau du Groupe E.