FRANCHES-MONTAGNES - Les maires des Franches-Montagnes se sont réunis hier soir au Café du Soleil de Saignelégier pour tenter d'aplanir leurs dissensions internes. Ils ont nommé un nouveau comité. A l'issue de cette séance «électrique», le délégué jurassien à l'énergie, Francis Jeannottat, et le ministre de l'Environnement et de l'Equipement Laurent Schaffter, leur ont présenté l'étude sur le transport de l'énergie dans le Jura, que les maires taignons avaient demandée au Gouvernement en octobre.
L'enjeu central: qui paiera les coûts d'adaptations du réseau électrique, pour absorber le courant des éoliennes? L'étude menée par Planair SA ne répond pas à cette question, mais elle met en lumière les appétits des promoteurs, qui prévoient d'implanter une centaine d'éoliennes dans le Jura, soit le double de ce que prévoit le plan directeur cantonal.
Des ajustements du réseau, en particulier la construction d'une nouvelle sous-station de transformation à Saint-Brais, sont inévitables. Ainsi, le renforcement et la mise sous terre de la ligne 16 kV entre Saint-Brais et Montfaucon - déjà réalisée - a coûté deux millions de francs. C'est le distributeur (les FMB) qui a payé, mais il ne sait toujours pas s'il se fera rembourser, car Swissgrid (la société suisse des autoroutes de transport de l'électricité) n'a pas donné de réponse claire. Or si les FMB paient, la facture sera répercutée sur les consommateurs. Même problème dans le Jura bernois, à Mont-Crosin, où le renforcement du réseau Juvent a coûté 12 millions de francs.
Face à cette impasse, le canton du Jura met le veto: «On ne donnera plus de permis tant qu'on ne sait pas qui paiera», a expliqué Laurent Schaffter. «L'Etat souhaite garder la main». Le Jura ne veut pas voir pousser plus de 50 éoliennes d'ici à 2035.
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Les maires remodelés
L'Association des maires des Franches-Montagnes s'est créée hier soir un nouveau comité, lors d'une «séance de crise» modérée par René Girardin. Denise Girardin (Le Noirmont), Roland Noirat (Le Bémont) et Pierre Chapatte (La Chaux-des-Breuleux) ont été élus pour remplacer les trois démissionnaires Agnès Bourquard (Les Breuleux), Annemarie Balmer (Les Enfers) et Daniel Kurz (Les Bois). A l'origine de ces départs pour «divergence de vues», le président Claude Schaffter (Montfaucon) reste en place, aux côtés de Stéphane Rohn (Les Genevez). Chacun a campé sur ses positions, mais la nouvelle équipe se sent prête à repartir sur de bonnes bases de travail. «Pour moi, c'est une simple incompatibilité d'humeurs, comme quand un mariage ne va plus», a imagé René Girardin.