LE CHALET-À-GOBET - Au nord de la ville, les mystérieux bips dune machine intriguent les promeneurs. Lenquête de 24 heures met au grand jour les expérimentations discrètement menées par la capitale vaudoise afin de trouver un lieu adapté à linstallation de turbines à vent.
Ce nest pas une yourte. Ce nest pas non plus un édicule public. Planté au beau milieu dun champ, à droite quand on emprunte la route des Paysans après Le Chalet-à-Gobet, un enclos intrigue les passants depuis un mois.
Les plus curieux, comme Alexandre Gisiger, éditeur à Chapelle-sur-Moudon, ont garé leur voiture et se sont approchés. Une barrière électrique antivaches, un placard sur les panneaux: «Collectes météorologiques en cours.»
Comme dans X-Files
Ne seraient-ce les «bips bips», le passant ne se poserait pas de question. Mais linstallation lâche des trilles inquiets comme ceux de R2D2 se demandant ce quil fait dans ce décor.
Aucune caméra, pas de Mulder ni de Scully à lhorizon, pas dalarme. Du vrai X-Files, on vous dit! Au milieu du petit enclos, on voit une sorte de carton à ufs. Ils sont soixante-quatre à être disposés en carré. Le tout est relié à une boîte chromée, qui enregistre sans doute des données concernant le vent. «Sans doute», parce quon ne sait pas grand-chose de lintrigant machin.
«Nous faisons effectivement une étude de faisabilité, concernant un produit dénergie renouvelable, sur les terrains de la ville de Lausanne dans le Jorat.» Voilà qui est limpide et rassurant dans la bouche de Jean-Marie Rouiller, ingénieur et chef du service de développement stratégique aux Services Industriels. Tout porte à croire quil sagit déoliennes. Lingénieur confirme et nen dira pas plus avant le retour du municipal Jean-Yves Pidoux, le 6 août prochain.
Business vert
Il y a un an, le directeur des Services Industriels projetait de créer une société anonyme, dont la mission serait de mener des études de production énergétique à base déolien, de biomasse, de solaire voltaïque, voire de géothermie.
«Eolémentaire, mon cher Pidoux», le renifleur doit faire partie dudit projet qui a été accepté à une très large majorité. Indépendamment de cette quête du Graal éolien sur ses terres du Jorat, la ville de Lausanne défend aussi la construction de dix éoliennes à la vallée de Joux.
La question qui tue
Thèses et hypothèses ne satisfont pourtant pas complètement le passant de Chapelle-sur-Moudon. Il est même un peu perplexe et se pose la question qui tue. Si les mystérieux ufs du bureau détudes mandaté par les Services Industriels mesurent les vents, pourquoi sont-ils à labri derrière des panneaux?