MASSIF CENTRAL - Le collectif Massif central stop éole qui regroupe une soixantaine d'associations en Auvergne et en Ardèche a voulu donner l'alerte sur une « politique arbitraire » en terme d'installation d'éoliennes.
Émilie Auffret Heure de pointe au pas de Peyrol. Il est 12 h 30. Entre les touristes et les manifestants antiéoliens, le site n'est pas assez grand. Un endroit grandiose et symbolique pour les associations venues crier leur colère. « Il y a déjà près de 150 éoliennes en Auvergne. Jean-Louis Borloo veut nous en imposer 360 de plus ! », dénonce François Leloustre, représentant du collectif Massif central stop éole.
Par une circulaire du 7 juin 2010 adressée aux préfets, Jean-Louis Borloo décline l'objectif des 500 mâts par an qu'il répartit à chaque région : 36 par an pendant 10 ans en Auvergne, 67 en Picardie et une seule en Corse. « Le ministre de l'Écologie se comporte comme un chef des ventes », regrette Jean-Louis Moret, représentant du collectif de sauvegarde du Cantal contre l'éolien. Il compte 29 éoliennes déjà implantées dans le département. 56 seraient en projet.
La préservation des paysages pose question. « M. Borloo a même fait retirer des débats parlementaires un amendement sur l'interdiction d'implanter des éoliennes dans les parcs régionaux », ajoute Jean-Louis Moret.
Les riverains des parcs éoliens en ont profité pour intervenir. Eliane Chalier habite à 600 mètres des mâts du col de la Fageole. « Ces pylônes de 150 mètres de haut sont une agression physique. Nous avons des acouphènes, des maux de têtes. »
Les associations pointent également le coût important de cette énergie durable par rapport à « une rentabilité écologique moindre ».