LES VERTS - Produire de lélectricité verte ou protéger le paysage: trois questions à Cédric Pillonel, député écologiste vaudois et conseiller municipal chargé du service des énergies dYverdon-les-Bains
Le Temps: Produire de lénergie renouvelable ou défendre le paysage, où est la priorité?
Cédric Pillonel: Il ny a pas de hiérarchie entre les deux objectifs, mais une pesée dintérêts à faire au cas par cas. Lune des difficultés de léolien est que lon ne peut guère travailler avec des mesures de compensation.
Les positions à prendre peuvent poser un véritable dilemme aux écologistes
Entre des responsables urbains comme moi qui ont besoin dénergie renouvelable et certains militants soucieux de défendre le paysage contre toute atteinte, il y a certes des positions absolues inconciliables. Les deux raisons majeures pour lesquelles on entre dans la famille verte sont justement lamour de la nature dune part, le rejet du nucléaire de lautre. Les arbitrages sont délicats et créent forcément des frustrations chez un certain nombre dentre nous. Mais je ne vois pas dautre solution que la souplesse réciproque. Si chacun reste inflexible, les arbitrages se feront par la voie populaire, la pire des issues, par la voie judiciaire.
Yverdon, qui est associée à Zurich pour le projet du Mollendruz dans le Jura vaudois, réfléchit depuis peu avec la ville jumelée de Winterthour à un site éolien de plaine. Vous ne croyez plus aux crêtes du Jura?
Je crois que le seuil dacceptabilité est atteint pour ces régions. Le moment est venu de penser à des zones moins problématiques pour le paysage et plus proches des bassins de consommation, toujours selon la même pesée dintérêts. Nous allons prospecter un site dans la plaine de lOrbe ou sur les collines au sud de la ville.