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Revue de presse


24.07.2011 - Le Matin Dimanche

Alors, elles font du bruit ces éoliennes?

PEUCHAPATTE - Trois immenses éoliennes ont été installées il y a six mois sur la commune du Peuchapatte (JU). Les habitants se plaignent du bruit. On est allé tendre l’oreille.

«Ça fait trois heures qu’on vous attend. Si vous aviez entendu comme elles sifflaient! Maintenant, c’est dommage, c’est trop tard.» Il est un peu plus de 18h30, on est pourtant presque à l’heure, le vent souffle à 20km/h, mais Guy Froidevaux est contrarié: «On en a marre d’être pris pour des rigolos. A chaque fois que quelqu’un vient de l’extérieur, les machines se calment.» Au Peu-Péquignot, dans les Franches-Montagnes, la maison de Guy et Karine Froidevaux est à 580 mètres des éoliennes installées par Alpiq sur la crête au-dessus de chez eux l’hiver dernier, sur la commune du Peuchapatte. Ce soir-là, sur la terrasse de leur maison, il faut tendre l’oreille pour entendre le vent dans les pales. Mais Guy et Karine décrivent une vie d’enfer: «Quand la bise souffle, on ne peut plus dormir la fenêtre ouverte.» Karine explique aussi avec les bras ce qu’elle appelle «l’effet stroboscopique»: l’ombre des hélices qui tournent dans sa cuisine et qui la rendent nerveuse. Mais, ce soir-là, il fait très nuageux.

Allons donc là-haut, pour voir. C’est pourtant l’heure de l’apéro et Jean-Daniel Tschan, président de l’association Librevent qui se bat pour la protection du paysage, nous avait ouvert un Gevrey-Chambertin et préparé une pile de documents avec de nouveaux arguments: non seulement les éoliennes projettent de dangereux glaçons l’hiver à tel point qu’on a dû modifier les parcours de ski de fond, mais en plus elles interféreraient avec les ondes des radars de la météo et de l’aviation civile. Tant pis pour la paperasse, on veut les entendre. Au sommet, les éoliennes d’Alpiq impressionnent davantage par leur taille: 150 mètres, les plus hautes de la région jurassienne. Au sommet des mâts, les pales tournent à bon rythme. On dirait le bruit d’un avion à hélices qui vole à moyenne altitude. Ça fait «wouf… wouf…» à chaque tour. Et en continu, le ronflement du moteur. Mais pas besoin d’élever la voix pour poursuivre la conversation: «C’est Cointrin! Sauf que, là-bas, ça s’arrête la nuit!» dit Guy Froidevaux. Ce n’est pas en une soirée qu’on se rendra compte de la vie que les riverains mènent depuis six mois. «C’est à la longue que c’est pénible. On ne s’habitue jamais à ce bruit-là. C’est comme le supplice de la goutte d’eau, ça me torture», explique Karine. Selon certaines études, les éoliennes émettent des infrasons qui ont une portée beaucoup plus grande que les sons audibles, et qui peuvent être dangereux pour la santé. Mais les normes fédérales pour établir la distance minimale entre les éoliennes et les habitations (300 mètres en Suisse) n’en tiennent pas compte.

Comme à l’époque de la place d’armes

Aux Franches-Montagnes, l’ambiance est aussi tendue que lorsqu’on a tenté d’y implanter une place d’armes dans les années 50. Outre le bruit, les arguments sont les mêmes qu’à l’époque: préservation du paysage, résistance à l’envahisseur étranger. «Je n’accepte pas qu’on dénature nos Franches-Montagnes et que ma maison soit dévaluée, moi qui ai tant lutté pour l’indépendance du Jura», lance Guy Froidevaux en fin de soirée, autour d’un plat de sanglier chassé la veille. «La différence d’avec la lutte contre la place d’armes, c’est qu’à l’époque les Francs-Montagnards étaient tous unis dans l’opposition. Avec les éoliennes, on se déchire», remarque un autre convive.

Les maisons ont perdu de leur valeur

Dans le hameau du Peuchapatte (une trentaine d’habitants), les éoliennes ont en effet cassé l’ambiance. De retour d’Indonésie il y a quatre ans et demi, une jeune veuve s’est établie dans une maisonnette située aujourd’hui à 340 mètres de la machine du milieu, c’est-à-dire à peine au-delà de la distance minimale recommandée par la loi fédérale. Cette Franc-Montagnarde est revenue dans les pâturages pour retrouver le calme et ses copains d’enfance. «Je n’ai plus ni l’un ni l’autre», dit-elle. Elle était l’une des cinq personnes à avoir fait opposition. «Je ne suis pas allée jusqu’au bout. Oui, j’ai accepté un peu de l’argent qu’on m’a proposé pour retirer mon opposition. C’est tout ça qu’on ne me prendra pas. Aujourd’hui, j’essaie de mettre ma maison en vente à cause des nuisances, mais elle a perdu 30 à 40% de sa valeur et je ne trouve pas d’acheteur.»

Jean Bilat est l’un des quatre propriétaires à louer ses terres à Alpiq pour 7500 francs par année. Comme les trois autres, il siégeait au Conseil communal du Peuchapatte à l’époque de la transaction. Ce sont eux qui ont accepté le plan d’aménagement qui a permis l’installation des éoliennes, juste avant que la commune ne fusionne avec celle de Muriaux. Les quatre propriétaires terriens sont vus aujourd’hui comme des traîtres. «C’est la guerre civile», reconnaît-il. Ce printemps, sa faucheuse a été endommagée en passant sur des tuyaux en caoutchouc qui avaient été répandus dans son champ. Une autre fois, il a retrouvé des centaines de bouteilles vides dans ses pâturages. «Ce que les opposants n’ont jamais compris, c’est que nous n’avions pas le choix. Ces éoliennes nous ont été imposées par le plan directeur du canton du Jura. Notre seule liberté a été de choisir l’exploitant. Le canton du Jura travaillait avec Juvent. Nous, nous avons conclu nos contrats avec Alpiq, qui nous offrait davantage.»

Les Franches-Montagnes «dans l’œil du cyclone»

Jean Bilat déplore que les autorités cantonales ne soient pas là, aujourd’hui, pour assumer et faire accepter leur politique énergétique. Il dit qu’il ne regrette pas son affaire, «parce qu’on doit bien trouver des solutions pour remplacer le nucléaire, et que chacun doit en accepter les conséquences». Par contre, il avoue ne pas avoir prévu toutes les nuisances des éoliennes. «On s’est fait avoir au niveau du bruit, et il va falloir le faire savoir.» Après tout, pourquoi ne pas s’allier avec les opposants pour faire reculer cette zone tampon de 300 mètres qui ne semble pas du tout adaptée à des éoliennes aussi puissantes? Jean Bilat bougonne: «C’est pas demain la veille. Mais ce serait bien plus malin que de jouer à l’hystérique dès qu’on voit clignoter deux lumières rouges la nuit sur les crêtes.» Pour lui, l’époque bénie où le paysage franc-montagnard était préservé est terminée: «Maintenant, qu’on le veuille ou non, on est dans l’œil du cyclone.»

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