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Revue de presse suisse


14.01.2012 - Le Temps

Qui veut encore des éoliennes? La réponse viendra du Balcon du Jura

STE-CROIX - La population de Sainte-Croix est divisée face à un scrutin sur les éoliennes qui fera date pour tout l’Arc jurassien Le premier projet éolien du canton de Vaud arrive au stade du vote populaire. Pionniers ou résistants? Le dilemme des habitants de Sainte-Croix.

Les habitants de Sainte-Croix votent le 5 février sur les éoliennes: un projet de six turbines assez proches de la localité, qui divise profondément le village du Jura vaudois. Les habitants du lieu ont hâte d’en finir. Depuis le temps qu’on en parle, tout a été dit et redit et les avis sont faits depuis longtemps, assurent-ils au visiteur. Mais le scrutin sera suivi avec une grande attention loin à la ronde.

Dans le canton de Vaud, où pas une seule éolienne ne tourne encore, c’est le premier projet qui affronte le verdict démocratique. L’issue du scrutin sera d’une grande importance pour le gouvernement vaudois, qui souhaite vivement accomplir une réalisation emblématique lui permettant de rattraper son retard dans le domaine des énergies renouvelables. Mais cette votation pourrait bien faire école plus largement. Le cas permettra de jauger la popularité des éoliennes, ou ce qu’il en reste, dans les régions les plus concernées. Les projets d’implantation se sont multipliés le long de toute la chaîne du Jura ces dernières années, tandis que l’envie de jouer les pionniers semble dans le même temps s’être refroidie dans la population.

Qui monte à Sainte-Croix pour se faire une idée du climat avant la votation ne voit et n’entend d’abord que le «non»! Les opposants ont fondé une Association pour la sauvegarde des Gittaz et du Mont-des-Cerfs. Ils ont pignon sur rue: un petit local avec vitrine sur la rue principale. Ces adversaires, dont certains se battent depuis quinze ans contre un projet à rebondissements, ont l’attitude déterminée et parfois le ton hargneux de ceux qui ne veulent plus voir chez leurs contradicteurs que mensonge et corruption. La concession de Romande Energie, qui a retouché son projet à la dernière minute, ne les désarme en rien. Ils ont activé le réseau des militants anti-éoliens qui se constitue peu à peu des Franches-Montagnes au Jorat. Pascale Hoffmeyer, de Saint-Brais, les Froidevaux du Peu-Péquignot et les Brahier de Lajoux (JU) sont venus dire dans le village vaudois comment les turbines leur pourrissent l’existence.

Face à cela, les partisans du projet ne montrent que le visage officiel de la municipalité. «Notre commune doit être fière de sa contribution à la sécurité énergétique des générations futures», dit le message officiel distribué aux citoyens. Mais l’exécutif veille surtout à ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Dans le camp du oui, il n’y a ni association, ni comité de soutien, ni ténor. Pourtant, des «pour», il y en a partout, assurent les connaisseurs de la commune. Le clivage traverserait tous les milieux. Les partis politiques – à l’exception de l’UDC, dont tous les élus disent non – sont trop partagés pour émettre des mots d’ordre. Chez les socialistes, comme chez les libéraux-radicaux, on n’en parle pas. Chacun votera comme il veut, il ne faut pas que ça déborde, que cela brouille les familles. La présence bruyante des militants venus d’ailleurs donne peut-être un volume artificiel à l’opposition.

Le syndic socialiste Franklin Thévenaz a succédé il y a quelques mois à un prédécesseur déstabilisé par ce même dossier. «C’est un excellent diplomate qui ne va pas au front», dit un camarade à propos du magistrat, qui a derrière lui toute une vie professionnelle dans l’opérationnel humanitaire. Lors des assemblées publiques tenues cette semaine, le syndic a déjà adopté le ton du rassembleur de troupeau: «Quel que soit le résultat, il faudra se lever le 6 février et continuer à vivre ensemble», anticipe-t-il en invitant ses concitoyens à aller voter.

La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro est venue en personne prendre la température. Le gouvernement vaudois a classé ce projet comme prioritaire. Quelle attitude adopter en cas d’échec face à ce vote consultatif? L’affaire sera délicate pour l’exécutif cantonal. Voulant se montrer à l’écoute tout en ne s’engageant pas trop, la ministre radicale a répété une formule sibylline déjà utilisée l’an dernier: «Si la population unanime rejette le projet, il sera difficile de l’imposer.»

Le «Balcon du Jura» est devenu le lieu où la bataille pour ou contre l’éolien se mène par experts interposés. Les adversaires ont invité en vedette Philippe Roch. L’ancien ­directeur de l’Office fédéral de l’en­vironnement a encouragé son public à ne pas ouvrir la voie à «l’invasion» de l’Arc jurassien par des installations démesurées qui n’ont place à ses yeux que dans des zones industrielles. Roman Hapka, du Fonds suisse pour le paysage, ne dit pas autre chose: «Il y a des projets de parcs géants le long du Jura, si Sainte-Croix lâche, les plus petites communes ne pourront pas résister.»

Les partisans, de leur côté, ont mobilisé Roger Nordmann. Le conseiller national socialiste encourage à sortir concrètement du nucléaire, un mot d’ordre désormais officiel après Fukushima. Il faut le faire en défendant comme lui-même d’un même élan l’éolien et le solaire, souligne-t-il à l’intention de ceux que l’on sent tentés de rejeter le premier au profit du second.

«Le défaut de notre projet, c’est qu’il est arrivé trop tôt», estime Luc Martin, un ancien syndic. Il y a une quinzaine d’années, c’est la commune qui en avait pris l’initiative, encouragée par le canton et la Confédération. Pour sortir du déclin économique auquel on le réduit depuis longtemps, le village industriel œuvre à un renouveau qui lui vaudra, en 2004, le label de Cité de l’énergie.

La population, pourtant, avait dit non à 60%, en 1999, au crédit d’étude pour exploiter le vent. Le dossier a été repris depuis lors par Romande Energie, qui apparaît comme le promoteur principal.

Aujourd’hui, la discussion tourne autour du bruit, de la valeur des maisons, du paysage aussi. Plus il est visé par les électriciens, plus le cadre naturel des sommets jurassiens tend à se sanctuariser. «Faut-il massacrer une région encore pure où l’on va pour adorer le silence?» lance une résidente dans un appel vibrant. C’est aussi l’atteinte au paysage qui motive Michel Bühler, la célébrité de la région, qui a rejoint le front du refus.

Après l’extension du site spectaculaire de Mont-Crosin (BE), les témoignages échaudés qui proviennent de Saint-Brais, le débat d’experts qui s’enflamme au niveau national, qu’il est loin le joyeux temps de l’innovation. Restent la contribution à l’approvisionnement énergétique durable, le tribut à payer à la modernité, le remords de rejeter toutes les nuisances chez les autres alors qu’on est si bien chez soi. Cela va-t-il faire le poids?

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