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Revue de presse suisse


21.04.2012 - 24 heures

«Une compétition entre les énergies est souhaitable»

SUISSE - Après-nucléaire - Doris Leuthard estime que le gaz et les importations ne sont pas des solutions idéales. Tout dépendra de l’avancée des énergies vertes et des efforts collectifs

Doris Leuthard a posé mercredi le premier acte de l’après-nucléaire suisse. Sa «stratégie énergétique 2050» a été acceptée par ses collègues du Conseil fédéral. Questions à la ministre de l’Energie et de l’Environnement.

Une année après la décision de sortir du nucléaire, nous entrons enfin dans le concret. Vous attendiez ce moment avec crainte ou impatience?

Je m’occupe d’énergie pratiquement tous les jours, alors, pour moi, cela ne change pas grand-chose. Mais, désormais, le débat est ouvert. L’étape est importante, car elle débouchera, après la phase de consultation, sur des modifications de lois.

Est-ce le moment où la conseillère fédérale doit dire à ses concitoyens: «Sans le nucléaire, il faudra des sacrifices»?

Oui, le mot «sacrifices» est exact. Nous ne pouvons plus continuer à consommer l’énergie comme on l’a fait jusqu’à présent. Nous devons économiser. Nous devons être plus efficaces. Le chemin commence maintenant avec cette première étape. On ne peut pas prévoir la situation dans quarante ans, mais on sait qu’il faut un changement aujourd’hui.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de favoriser le gaz?

Il faut être honnête. Tout dépend si on arrive aux buts fixés ou non. Le Conseil fédéral doit garantir l’approvisionnement énergétique du pays. Si on atteint seulement 30% à 40% de nos objectifs, alors nous devrons avoir un plan B. Et dans ce plan B, il n’y aura que deux solutions: le gaz et/ou les importations.

Ne serait-ce pas un échec de troquer le pétrole utilisé dans nos voitures contre de l’électricité produite avec du gaz?

Oui, c’est pour cela qu’il faut travailler sur plusieurs niveaux. Mais l’alternative de l’importation, ce n’est pas idéal non plus. Si on importe de l’électricité de la France, c’est du nucléaire. Or ce n’est pas honnête de sortir du nucléaire pour en importer. Si on importe de l’Allemagne, il y a 50% de charbon. Du point de vue de l’environnement, c’est encore plus critique. C’est pour cela que nous devons tout faire pour éviter les importations et réfléchir à développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Combien de centrales à gaz seriez-vous prête à accepter dans ce pays en 2035?

Du point de vue de notre constellation et du réseau, une ou deux centrales, cela me paraît réaliste. Mais, encore une fois, ce n’est pas une solution idéale.

La première centrale à gaz sera- t-elle celle Chavalon (VS)?

Je ne connais pas d’autre projet aussi avancé qui pourrait aboutir vite. Les autres sont au stade de la planification. Mais ces centrales sont du ressort cantonal. Le seul travail de mon département sera de vérifier que le plan de compensation du CO2 est respecté.

Mini-hydraulique, solaire, éoliennes, barrages… Les pistes d’énergies renouvelables sont nombreuses, mais les oppositions systématiques. N’est-ce pas le moment d’imposer?

Nous allons changer le système. Nous demandons aux cantons de définir des zones pour l’eau, les éoliennes, le réseau électrique. Nous serons ainsi en mesure, dans la planification du territoire, de faire la balance entre la protection de la nature et les sites de production. Pour les organisations environnementales, c’est aussi une bonne piste. Mais il est décisif de trouver un équilibre. Si tous les projets sont contestés, alors on ne pourra pas augmenter la part des renouvelables. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Différents lobbies se font concurrence pour les énergies renouvelables. Avez-vous l’intention d’arbitrer?

Au final, c’est le consommateur qui décidera. Je n’ai pas l’intention de faire des choix, ils s’imposeront d’eux-mêmes. Le Conseil fédéral n’a pas changé de philosophie sur ce point, il reste ouvert à toutes les technologies. Ce n’est pas au politique de dire ce qu’il faut garder ou non. Une compétition entre ces différentes sources d’énergie est souhaitable, car elle diminuera les coûts pour la collectivité et les consommateurs.

Quelle énergie renouvelable a votre préférence?

Je n’en ai pas, et ce sera forcément un mélange. Tous les kilowattheures produits avec le renouvelable sont bons à prendre. Si on examine les prix, le photovoltaïque me semble être un pilier important. Je pense que nous pouvons aider des milliers de petits propriétaires qui sont d’accord d’installer des panneaux. Le bois est un filon. La géothermie, par contre, recèle encore des inconnues: les ambitions sont géniales, mais la technologie et les projets sont loin d’être aboutis.

L’éolien a-t-il un véritable potentiel?

Il me semble surtout intéressant d’importer du courant éolien de l’Allemagne. Cela nous aidera à réduire les coûts d’exploitation des centrales de pompage-turbinage. Il y a un potentiel en Suisse, mais il se heurte à de fortes résistances. C’est pour ça que le potentiel des éoliennes est restreint dans nos calculs.

Trente milliards de francs pour sortir du nucléaire, n’est-ce pas sous-évalué?

Nos estimations me semblent correctes. Celles de l’EPFZ articulent plus ou moins les mêmes chiffres. Je fais confiance aux experts. Mais le coût de réaménagement du réseau n’est pas inclus.

Un arrêt de Mühleberg en 2013 déjà, comme le réclame le Tribunal administratif fédéral, changerait-il quelque chose à votre planification?

Non. Si les expertises ou la justice devaient décider que la centrale nucléaire de Mühleberg n’est plus assez sûre, alors il faudra la fermer. Et si cette fermeture survient avant la date prévue, dans dix ans, nous aurons recours à davantage d’importations. On ne pourrait pas augmenter la part du renouvelable ni de l’efficacité énergétique si vite.

La Suisse est-elle définitivement sortie de l’ère nucléaire ou le scénario peut-il encore changer si des réacteurs de nouvelle génération apparaissent?

Je suis certaine qu’on ne verra pas de nouvelle centrale nucléaire dans ce pays dans les trente ans qui viennent. Mais qui sait si un jour la fusion nucléaire, dont on dit beaucoup de bien, sera au point? Ma conviction est que nous devons rester attentifs à la recherche. La stratégie du Conseil fédéral consiste à ne fermer aucune porte.

_______________________________

La stratégie en bref

La stratégie post-nucléaire du Conseil fédéral, dévoilée mercredi, mise sur les économies d’énergies (28% d’ici à 2050), les barrages et le renouvelable (solaire, éolien, etc. ). La rétribution (RPC) pour le renouvelable passera à 1,9 centime le kilowattheure et la taxe sur le CO2 à 60 francs la tonne (au lieu de 36). Une centrale à gaz est projetée d’ici à 2022, dont les rejets en CO2 seront compensés. D’autres seront peut-être nécessaires ensuite. La hausse des importations n’est pas privilégiée. La sortie du nucléaire est chiffrée au total à quelque 30 milliards. Il faudra aussi remplacer le réseau électrique (entre 4 et 13 milliards).

«Les petits gestes du quotidien ont une influence»

Avez-vous vous-même changé votre comportement de consommatrice depuis Fukushima?

Les petits gestes du quotidien ont une influence. Chez nous, c’est plutôt mon mari qui est le technicien. Il a installé un interrupteur qui permet de mettre hors tension tous les appareils en stand-by. On a aussi acheté l’année dernière une nouvelle machine à laver. On a tenu compte de l’étiquette énergétique A++ . Ce potentiel d’économies existe. Informer, inciter à faire les bons choix. C’est la stratégie du Conseil fédéral, qui se refuse à interdire. Le consommateur doit être libre. Mais il va trouver sur le marché des appareils avec la meilleure technologie disponible. Je crois que cette méthode fonctionne.

Votre plan ne table que sur des mesures incitatives. La bonne volonté, est-ce bien suffisant?

Ce n’est pas seulement de la bonne volonté. Motiver les gens par l’incitation économique est typiquement suisse. Ce sont des gestes positifs aussi pour votre porte-monnaie. Nous l’avons fait dans le programme d’assainissement des bâtiments, c’est un succès. Les cantons ont d’ailleurs beaucoup plus de demandes que d’argent à disposition. Idem pour le renouvelable. Le photovoltaïque, par exemple, ce sont aujourd’hui 17'000 demandes de projets en attente. La volonté d’investir existe. Mais si cela ne marche pas, nous introduirons, lors d’une deuxième étape, une taxe sur l’énergie. Et elle sera conditionnée notamment par les changements opérés jusque-là dans les comportements.


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