ACQUISITIONS - FRANCE - Le Groupe E détient désormais 66% du parc éolien des Grandes Chapelles, dans l'Aube.
«Les électriciens ne se sont pas réveillés après la catastrophe de Fukushima!» Directeur énergie de Groupe E, Alain Sapin a tenu à le rappeler lors d'une conférence de presse organisée hier matin, à Lausanne, pour annoncer le rachat de huit parcs éoliens en France par EOS Holding (EOSH), pour une valeur de 120 millions d'euros (environ 144 millions de francs).
«Il n'y a aucun opportunisme dans cette acquisition. Nous nous préoccupons d'énergies renouvelables depuis des années. Mais comme en Suisse, cela va plus lentement qu'ailleurs, nous sommes obligés d'aller voir à l'étranger. Et nous allons continuer dans ce sens.»
Pour 6300 ménages
Actionnaire à 22,33% d'EOS Holding, une entité stratégique formée des cinq grandes entreprises électriques romandes, Groupe E participe indirectement à l'acquisition, dans le cadre du projet baptisé Hawa, de ces huit parcs situés au centre et au nord de la France et qui recensent au total 44 éoliennes. «La production annuelle s'élève à 203 millions de kilowattheures (kWh), soit la consommation moyenne de 50000 ménages», détaille Guy Mustaki, président du conseil d'administration d'EOSH. Avec l'acquisition auparavant de deux autres parcs en Allemagne, EOS Holding a atteint ses objectifs sur cinq ans - arrêtés en 2009 - en matière d'énergie éolienne: atteindre 250MW en puissance. «Au total, nos 142 machines produisent l'électricité nécessaire aux besoins de 137500 ménages», précise Guy Mustaki.
Grande première: Groupe E est devenu par la même occasion actionnaire majoritaire d'un des huit nouveaux parcs français. Celui des Grandes Chapelles, dans le département de l'Aube, dont il détient une participation de 66%. «La valeur totale de cette installation, qui produit l'équivalent de la consommation de 6300 ménages, s'élève à 11 millions d'euros et notre cash out (réd: sortie de fonds) se monte à deux millions d'euros», révèle Alain Sapin.
Cette acquisition est, pour Groupe E, «l'opportunité d'augmenter sa production d'énergie renouvelable, de maîtriser la gestion et l'exploitation de ce type d'installation et de développer son expérience dans la technologie éolienne».
Pour les mêmes motifs, la Ville de Lausanne est elle aussi devenue, au travers de sa société Siren, actionnaire majoritaire, à hauteur de 51%, d'un autre des huit parcs, du nom de Monts Bergerons I, en Picardie.
Continuer dans ce sens
«Cette acquisition ne remet toutefois pas en cause le fait que nous continuons à croire au développement de nos projets éoliens en Suisse, où les conditions venteuses sont bonnes. Et cela, quand bien même nous nous heurtons à beaucoup d'oppositions, au Schwyberg notamment», insiste Alain Sapin. Pour le directeur énergie de Groupe E, le fait de posséder un parc éolien en France permet aussi «d'occuper l'équipe affectée aux projets de développement» - l'exploitation des hélices, elle, a été confiée à des sous-traitants locaux.