VALAIS - Après sêtre opposée aux nouvelles installations de Collonges (VS), Florence Lattion Richard sattaque aux autres parcs prévus dans la vallée du Rhône.
Ce nest plus quune question de jours avant que la nouvelle éolienne de Charrat (VS) soit opérationnelle. La troisième du genre qui a fleuri dans la vallée du Rhône depuis 2005. De quoi remonter Florence Lattion Richard, elle qui se bat pour sauvegarder le paysage de cette région. Et éviter quil ne soit dénaturé par les différents parcs éoliens prévus, puisque neuf nouvelles installations devraient voir le jour au cur de la plaine du Rhône ces deux prochaines années.
«Non pas que je sois contre les énergies vertes, mais il est difficile de faire pire dans le genre massacre du paysage», peste cette jeune habitante du village de Collonges, où la toute première éolienne a été installée en 2005, suivie par celle de Vernayaz en 2008, à quelques kilomètres de là.
Encourager les oppositions
Florence Lattion Richard, du haut de ses 38 ans, est du genre coriace. En 2007, à lannonce de limplantation de trois nouvelles éoliennes dans sa région (Collonges-Dorénaz), elle décide de sy opposer formellement. Plusieurs citoyens feront de même, mais y renonceront par la suite, par crainte de pressions. Dautres locaux partagent pourtant son opinion, et ont rejoint lAssociation pour la protection du paysage du coude du Rhône (http://www.appcr.ch/), quelle a créée en 2010. «Plus de deux cents personnes ont assisté à notre séance dinformations en mars dernier, preuve quelles ont besoin de renseignements.»
Devenue la cheffe de file des «anti-éoliennes de la vallée du Rhône», Florence Lattion Richard espère accueillir de nouveaux membres au sein de son association. «Je souhaite encourager les citoyens des autres communes concernées par les futurs parcs éoliens à sy opposer. Et impliquer le canton pour quil instaure sans tarder un cadre légal en la matière.» Ce à quoi Jean-Michel Cina, ministre valaisan de lEnergie, répond: «Ceci est du ressort du législateur communal. Cependant, suite à un postulat accepté récemment par le Parlement, nous examinerons cette question.»
Entre-temps, lopposition de Florence Lattion Richard fait des vagues et salourdit de recours. Au grand dam des promoteurs et des autorités locales, très impliquées en raison des retombées économiques générées par les éoliennes (environ 126'000 francs pour 2011). «Tout est bloqué à cause de cette opposition, y compris les futurs investissements de notre commune!» sinsurge Florian Darbellay, président de Collonges. Etonnant lorsquon apprend que cette même commune prévoit une baisse des impôts pour la prochaine législature
De son côté, Daniel Fournier, vice-président de lune des sociétés promotrices de ces parcs éoliens, admet que ce sujet divise et dit comprendre les citoyens qui contestent la présence de ces éoliennes, «mais la majorité ne sy oppose pas, au contraire».
Quant à Florence Lattion Richard, elle ne lâchera pas le morceau: «Je continuerai à me battre jusquà ce que je puisse faire jurisprudence
La rentabilité économique ne doit pas être le seul aspect à prendre en compte. Et les riverains ont le droit dêtre informés.»