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Revue de presse suisse


23.10.2012 - La Liberté

«Il y a assez de vent au Schwyberg»

FRIBOURG - Greenwatt projette d’implanter neuf éoliennes au Schwyberg. Mais le vent est-il assez fort? Le projet est-il rentable? Les réponses du directeur Jean-Michel Bonvin.

Sur la douce montagne du Schwyberg (1645m d’altitude), Greenwatt, un avatar de Groupe E, espère implanter 9 éoliennes de 2 mégawatts chacune, de quoi assurer l’approvisionnement de 9000 ménages. Une association fondée en août 2009, «Sauvez les Préalpes – Rettet den Schwyberg», conteste la validité du projet: le vent ne serait pas assez soutenu dans les Préalpes singinoises, l’installation ne serait simplement pas rentable, l’éolien resterait de toute façon une source marginale d’électricité… Nous avons soumis ces arguments à Jean-Michel Bonvin (53 ans), directeur de Greenwatt.

Selon les opposants au parc éolien, l’exploitation du Schwyberg ne peut pas être rentable…

Jean-Michel Bonvin: Vous croyez vraiment que Groupe E, qui possède 90% des actions de Greenwatt, se lancerait dans un projet à 55 millions de francs s’il n’était pas rentable? Dites-vous bien que nous sommes dans une logique industrielle: je dois produire des kilowatts/heure au meilleur prix. Pour l’heure, les calculs montrent que le kilowatt/heure du Schwyberg reviendrait entre 15 et 17 centimes. C’est mieux que le photovoltaïque (de 20 à 40 centimes). Avec la baisse de l’euro, la rentabilité du projet s’améliore encore: l’achat des machines, de la marque allemande Enercon, représente les deux tiers du budget.

Pourquoi vous êtes-vous contenté de mesures aussi courtes sur le Schwyberg: vous avez mesuré le vent pendant quatre mois et demi contre une année partout ailleurs?

Parce qu’au mois de novembre 2007, après – il est vrai – seulement quatre mois et demi de mesures, une tempête, doublée d’un épisode de givre, a endommagé le mât. Ce qui est plutôt bon signe: le Schwyberg est bien venté. Nous nous sommes donc appuyés sur ces quatre mois de mesures et sur des mesures complémentaires au moyen d’un SODAR qui analyse la structure verticale de la ventilation du site.

Les résultats montrent une vitesse moyenne d’environ 6 mètres/seconde. Nous avons toutefois également procédé à des corrélations avec des stations environnantes similaires, comme celle du Moléson, sur plusieurs dizaines d’années, pour dire que oui, il y avait suffisamment de vent au Schwyberg pour installer des éoliennes. Au-dessus des crêtes, le vent est relativement homogène sur toute une région, contrairement à ce qui se passe dans les vallées. Un bureau spécialisé externe a procédé à cette analyse et confirmé ces valeurs. Néanmoins, au vu de la polémique alimentée par les opposants, nous avons encore récemment effectué plusieurs mois de mesures par SODAR sur le Grosses Schwyberg pour confirmer les premières valeurs.

Une vitesse moyenne de 6m/sec suffit à faire tourner une éolienne…

Oui, surtout qu’aujourd’hui, les techniques progressent: les machines sont de plus en plus adaptées aux conditions météorologiques de nos régions. J’affirme que les chiffres du Schwyberg sont bons. Et pourquoi tous nos pays voisins seraient-ils suffisamment ventilés, et pas la Suisse? Pourquoi y aurait-il assez de vent en France, en Allemagne, en Autriche et pas en Suisse? Nous avons fourni tous les chiffres à l’Etat, qui les a estimés convaincants. En nous appuyant sur cette vitesse moyenne de 6m/sec, nous avons calculé que les éoliennes du Schwyberg donneraient 35 GWh ou 36 GWh par année et ces 35 GWh suffisent à rentabiliser le projet, d’autant plus que les machines actuelles permettraient d’augmenter la production. Les chiffres seront mis à jour avant la phase de réalisation.

Mais cela vaut-il la peine de défigurer une région pour 35 gigawatts?

Défigurer, c’est votre avis. Il y a des personnes qui trouvent les éoliennes très belles… Dans certaines régions d’Europe, les éoliennes sont même une attraction touristique. Vous trouvez que la Grande Dixence, c’est beau?

Pas spécialement, non…

Eh bien, il y a 100000 personnes qui visitent chaque été le barrage de la Grande Dixence. On voit bien que la notion de beauté est subjective.
Pour revenir au Schwyberg: cela paraît beaucoup de dégâts environnementaux pour une production d’énergie assez faible…
Je ne suis pas d’accord avec vous: 9000 ménages alimentés en courant, ce n’est pas rien. Pour obtenir l’équivalent du Schwyberg, il faudrait couvrir 36 terrains de football de panneaux photovoltaïques. Ce n’est simplement pas envisageable. 35 ou 36 GWh, c’est 5% de la production électrique du canton de Fribourg… Il faut se dire que 9 éoliennes suffisent à alimenter une petite ville.

Pourquoi faudrait-il couvrir les Préalpes d’éoliennes, alors qu’en mer du Nord, les parcs éoliens produisent un surplus de courant électrique? Il suffirait d’importer ce courant…

Et pour acheminer ce courant, il faudrait tirer 1000km de lignes électriques avec un pylône tous les 100 mètres. Je ne suis pas sûr que l’impact environnemental soit moindre… Vous me parlez de la mer du Nord et pourquoi pas la Patagonie, qui est aussi une région encore plus puissamment ventée! Non, avec la sortie du nucléaire, il faut que chaque région développe son potentiel énergétique pour tout ce qui est de la consommation domestique. Le canton de Fribourg produit 30% de l’énergie qu’il consomme, le canton de Neuchâtel, 15% seulement. Pour parvenir à l’autonomie énergétique, il faudra multiplier les sources d’approvisionnement: de l’hydraulique, du mini hydraulique, du solaire, de la biomasse et de l’éolien. Tout cela, cumulé avec des économies d’énergie, devrait garantir l’autonomie du canton. L’éolien n’est qu’une pièce de ce puzzle: il ne fournira jamais plus que 3 ou 4% de l’énergie en Suisse. Je pense même que l’énergie éolienne est une solution transitoire, qui permettra à notre société de tenir jusqu’au jour où nous réussirons à mieux capter et stocker l’énergie solaire.

Donc, vous reconnaissez qu’à moyen terme, la seule solution, c’est le solaire…

Je suis bien d’accord avec vous: la solution, c’est le solaire. Cela dit, il nous faudra une ou plusieurs ruptures technologiques majeures pour parvenir à l’âge du solaire. Quand nous arriverons à stocker l’énergie solaire dans l’hydrogène, par exemple, et pour un coût compétitif, nous pourrons enlever toutes les éoliennes. Mais en attendant ce jour, il faut bien répondre à la demande en énergie et si la Suisse espère sortir du nucléaire – ce qui me réjouit – il faudra bien trouver quelque part ces 25000 GWh que produisent aujourd’hui Mühleberg, Leibstadt, Gösgen et compagnie. Actuellement nous vivons sur le dos de nos enfants en leur laissant une gestion des déchets plus que problématique pour des milliers d’années.

«Du CO2 en moins»

Vous avez l’impression que la société est contradictoire: d’un côté, elle réclame de plus en plus d’énergie, de l’autre, elle s’oppose à tous les projets qui pourraient permettre de satisfaire cette demande: rehaussement des barrages, parcs éoliens, etc.


Jean-Michel Bonvin: Il y a quelque chose qui défie la raison, oui. Dans leur maison, les gens mettent la prise sans se demander ce qu’il y a là-derrière: on ne veut pas savoir d’où vient le courant électrique. A l’échelle mondiale, plus de 70% de l’électricité proviennent des énergies fossiles: fuel, charbon, gaz… En Europe, c’est 50%. En Suisse, pour l’instant, cette proportion est négligeable: nous consommons 54% d’hydroélectrique et 40% de nucléaire. Mais il y a vingt ans, nous exportions du courant, aujourd’hui, nous en importons. L’Europe est interconnectée depuis le milieu du siècle passé. L’augmentation de notre consommation a été prise en charge par de l’électricité produite à partir de gaz et de charbon. Dans ce contexte, je suis persuadé que l’énergie éolienne est une bonne réponse: les 36 millions de kW/h produits par le Schwyberg, c’est 36 millions de kilos de CO2 en moins par année. Je prétends que chaque kW/h fourni par une énergie renouvelable, c’est un kilo de CO2 en moins si cette énergie devait venir du charbon ou 400 gramme de CO2 en moins, si cette énergie venait du gaz naturel. Sachant cela, chacun se fera sa propre idée.
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note de juracretes : C'est bien le groupe E qui projette de construire une centrale électrique à gaz à Cornaux ! Sans émissions de CO2 ?

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