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Revue de presse suisse


09.05.2014 - Le Courrier

Une pesée d’intérêts difficile

NEUCHATEL - VOTATION 18 MAI - Premier canton à se prononcer à l’échelle de son territoire sur une planification éolienne, contre-projet à l’initiative «Avenir des crêtes: au peuple de décider!», également soumise au vote, Neuchâtel sera scruté loin à la ronde le 18 mai. Notamment par le Conseil fédéral, qui veut sortir du nucléaire en 2034. Selon l’issue du vote, le résultat pourrait remettre en cause la stratégie de Doris Leuthard. Le débat ne se résume pourtant pas à une opposition entre pro et antinucléaires. Les opposants au contre-projet, qui fixe cinq sites et un maximum de 59 éoliennes, affirment tous soutenir la transition énergétique de la Confédération. Mais pas à n’importe quel prix. Et notamment pas en «sacrifiant» les crêtes neuchâteloises et en «démantelant» le décret de 1966 sur les sites naturels qui a entre autres permis de protéger les crêtes de la prolifération des chalets.

Pour les partis politiques – quasiment tous –, qui défendent le contre-projet, il s’agit de produire 20% de l’électricité totale consommée dans le canton. Ce qui doublerait la part du renouvelable. Ce n’est pas rien. Pour autant que les mesures de vent soient fiables. Selon les expertises demandées par les SIG dans le cadre de l’affaire Ennova, et révélées par les médias, les productions seraient surévaluées de 30% en moyenne.

Entre préserver le paysage et l’avifaune dans une zone protégée depuis cinquante ans et faire un premier pas vers l’indépendance énergétique du canton, la pesée d’intérêts est difficile. Preuve en est la division des organisations environnementales. Qui trahit aussi des propositions peu satisfaisantes. Avec 59 éoliennes d’une hauteur de près de 200 mètres, alors que la Suisse ne compte actuellement que 34 de ces turbines, le contre-projet peut effrayer par son ampleur.

Quant à l’initiative qui exige qu’un plan d’affectation spécial au niveau cantonal soit soumis au référendum obligatoire, elle pourrait tuer l’éolien dans l’œuf. Faudra-t-il revoter chaque fois qu’un projet est modifié? Sur le principe peut-être. Mais gageons que le parlement, qui votera la loi d’application, s’assurera que cela ne soit pas le cas.

Au final, on ne peut que regretter les choix de l’ancien gouvernement, qui a pris le problème par le mauvais bout. Avant de foncer tête baissée dans une planification éolienne ouvrant grand la porte aux promoteurs avides de subventions fédérales, il aurait fallu plancher sur une planification énergétique cantonale mettant l’accent sur les économies d’énergie puis sur un mix d’énergies renouvelables. L’éolien, complémentaire au solaire, en ferait partie, sans être prioritaire, au vu de sa mauvaise acceptation par les populations.

Reste que nous devons faire des choix de société, si possible avant d’y être contraints par l’urgence. Car entre des éoliennes qui défigurent le paysage et les risques liés à un accident nucléaire, notamment à Mühleberg, chacun doit décider, en son âme et conscience, quelles sont les nuisances dont il est prêt à assumer les conséquences.

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Les Neuchâtelois face aux dilemmes de l’éolien

Les Neuchâtelois sont confrontés à une pesée d’intérêts entre développement d’une énergie renouvelable et protection du paysage et de la faune.

Premier canton suisse à se prononcer sur l’avenir de l’éolien à l’échelle de son territoire, le vote des Neuchâtelois du 18 mai sera observé loin à la ronde. Ce d’autant qu’à ce jour seules 34 turbines sont installées en Suisse.
Ce qui se joue lors de cette votation, c’est une pesée d’intérêts entre la production d’énergie renouvelable pour faire un pas vers la sortie du nucléaire, d’une part, et, d’autre part, les atteintes au paysage et à la faune avicole dans une zone majoritairement protégée par le décret de 1966 sur la protection des sites naturels. Plébiscité par 89% des votants, ce texte précurseur pour l’époque protège, entre autres, les crêtes neuchâteloises contre toute construction étrangère à l’économie agricole ou forestière.

Concrètement, le peuple doit répondre à trois questions, avec chaque fois deux options: il doit dire s’il accepte – ou non – l’initiative, le contre-projet, puis, dans une question subsidiaire, en cas de double oui, s’il préfère l’initiative ou le contre-projet.

Unité de façade

A une semaine du scrutin, il est difficile de faire des pronostics quant à l’issue du vote. Pourtant, l’ensemble de la classe politique – à l’exception de deux partis marginaux, le Nouveau Parti libéral et l’Entente cantonale neuchâteloise –, le Conseil d’Etat et la plupart des exécutifs des grandes communes appellent à soutenir le contre-projet adopté à une très large majorité par le Grand Conseil et à rejeter l’initiative constitutionnelle «Avenir des crêtes: au peuple de décider!».

Derrière cette belle unité de façade en faveur du contre-projet se cachent cependant des dissensions parfois profondes. Pendant que l’association «Oui à la planification éolienne cantonale», qui regroupe (presque) tous les partis politiques, des associations et le lobby Suisse-Eole, défend le contre-projet, des élus et des personnalités de tous bords politiques sont sortis du bois pour appeler la population à accepter l’initiative. Les divisions se font sentir jusqu’aux organisations environnementales et de protection de la nature. Si le WWF Neuchâtel (qui se réserve le droit de faire opposition lors des mises à l’enquête) et le groupe régional de Greenpeace (bénévoles) sont favorables au contre-projet, cinq autres organisations soutiennent l’initiative.

Une ou plusieurs votations?

Le contre-projet détermine «une fois pour toutes» cinq zones dans lesquelles 59 éoliennes au maximum pourraient voir le jour, soit la Montagne de Buttes (20 machines), le Mont de Boveresse (18), le Crêt-Meuron/Tête-de-Ran (7), La Vue-des-Alpes/Mont-Perreux (10) et La Joux-du-Plâne (4). Selon les estimations, les cinq parcs pourraient atteindre une production de 200 millions de kWh par an, soit 20% de la consommation actuelle d’électricité du canton et 70% de celle des ménages. «Ce n’est pas tout à fait anecdotique», estime le conseiller d’Etat Yvan Perrin, en désaccord avec les opposants pour qui la contribution de l’éolien serait dérisoire.
Quant à l’initiative, elle exige que soit soumis au peuple un plan d’affectation spécial de niveau cantonal prévoyant toutes les éoliennes, antennes et autres installations de même impact. Pour le gouvernement, il serait problématique dans son application. «Il faudrait créer un instrument, échelon supplémentaire de la procédure d’aménagement du territoire, techniquement et juridiquement difficile à réaliser», note Patrick Jobin, juriste au service de l’aménagement du territoire. «Au moins deux votations supplémentaires seraient nécessaires pour modifier la Constitution selon l’initiative et valider le plan d’affectation cantonal», ajoute-t-il. Le contre-projet, lui, «autorise le canton à planifier et non pas à construire»: les voisins et les associations reconnues pourront toujours faire opposition dans le cadre des procédures de permis de construire.

«L’avenir énergétique du canton en jeu»

Pour l’association «Oui à la planification éolienne cantonale» qui regroupe la quasi-totalité des partis politiques, le contre-projet est nécessaire pour l’avenir énergétique du canton. Ses membres ne comprennent pas pourquoi les initiants n’ont pas retiré leur texte, le contre-projet répondant selon eux à leurs préoccupations. «L’initiative est un décor de façade issu des milieux antiéoliens qui ne s’assument pas. Au nom du décret de 1966, elle obligerait le peuple à se prononcer sur chaque détail de chaque projet éolien.»

Selon l’association, le contre-projet permet déjà au peuple de décider s’il souhaite un volet éolien dans le plan énergétique cantonal, et fixe «un cadre strict et clair», notamment en garantissant «des impacts minimaux sur le paysage et sur la faune». Ainsi, s’il est accepté, «des études devront être fournies avant que les permis de construire ne soient octroyés». Pour preuve, selon elle: à ce jour, malgré l’existence d’un concept éolien depuis 2002, aucune éolienne n’a vu le jour dans le canton.

L’association relativise l’atteinte des éoliennes à la zone protégée par le décret des crêtes, soit «seulement 6%» de celle-ci. Tout cela pour produire «20% de la consommation totale d’électricité du canton» qui, «c’est physique, ira directement dans la prise la plus proche, c’est-à-dire dans les ménages et les entreprises neuchâteloises. La provenance des investisseurs n’y changera rien.»
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«Pas question de sacrifier nos crêtes»

«C’est au peuple de décider du devenir de ce qu’il a voulu protéger.»
Pour le comité de campagne «Avenir des crêtes: au peuple de décider!», il n’est pas question de «sacrifier» les crêtes neuchâteloises et de «démanteler» le décret de 1966 sur la protection des sites naturels du canton.

«L’initiative n’interdit pas la construction de toute éolienne sur le territoire cantonal, elle demande que le peuple puisse garder le choix pour chaque installation au lieu d’accepter en une seule fois d’implanter 59 machines mesurant entre 170 et 200 mètres de hauteur», relève son président, Félix Gueissaz. «Le décret a permis d’enrichir la biodiversité et de protéger la flore, les prairies sèches et le paysage», ajoute François Bonnet, pour qui les crêtes sont «un véritable poumon, un havre de tranquillité et de beauté».

La viabilité économique de projets «ne bénéficiant pas des vents de la mer du Nord», est questionnée: «Avec un coût de revient de 25 ct/kWh, l’éolien suisse n’est pas rentable sans les subventions fédérales.» Quant aux investisseurs, la plupart ne sont pas neuchâtelois: «Les Services industriels de Genève et le Groupe E pourront vendre de l’électricité verte à leurs consommateurs sans toucher au Salève ou à la Gruyère.» Enfin, le comité estime qu’il n’y a pas d’urgence à décider: «Actuellement, il y a surproduction d’électricité en Europe, et ce sera encore le cas dans les prochaines années.»

Si les initiants sont souvent considérés comme des antiéoliens qui ne disent pas leur nom, les cinq organisations de protection de la nature qui soutiennent l’initiative s’en défendent bien. Elles veulent pourtant aussi «préserver le patrimoine naturel contre l’industrialisation des crêtes» et «conserver la maîtrise du développement éolien». Selon elles, «l’éolien doit épargner les sites les plus sensibles pour la biodiversité et le paysage, sans quoi il serait abusif de qualifier cette énergie de renouvelable». Et de déplorer que La Vue-des-Alpes, site d’importance nationale pour les oiseaux, fasse partie de la planification retenue.

Quant à la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP), elle déplore l’«important» impact visuel cumulé des parcs éoliens sur le paysage et les populations concernées. Se basant sur une étude qu’elle a commandée, elle conclut que «la notion d’industrialisation du territoire prend toute sa dimension au Val-de-Travers»: «L’importance de l’impact résulte de l’addition, dans un rayon de 5 kilomètres, des plus gros parcs éoliens planifiés en Suisse romande, tant du côté neuchâtelois de la vallée que vaudois. Ainsi, rien que depuis les localités de Couvet, Môtiers et Fleurier, plusieurs dizaines de machines occuperont l’horizon dans les quatre points cardinaux.» «Par analogie de méthode», elle estime que l’impact visuel sera également «maximal» à La Chaux-de-Fonds, où «trois parcs éoliens situés à moins de 5 kilomètres barrent l’horizon sud de la troisième ville de Suisse romande».

Autant d’arguments que partagent les 50 personnalités neuchâteloises qui ont signé «l’appel des 50» pour protéger «l’un des derniers territoires non urbanisés et non dégradés». Face aux «trop nombreuses incertitudes» subsistant autour de l’éolien, les signataires réclament l’application du principe de précaution, ainsi qu’une planification éolienne au niveau national: «Avec les projets vaudois, le Val-de-Travers risque de se retrouver entouré de cinq parcs éoliens», s’inquiète Pierre-Alain Rumley, ancien membre de Suisse Eole. «La politique énergétique est l’affaire de la Confédération et l’aménagement du territoire celle des cantons. Mais ce sont les promoteurs qui planifient et détiennent les compétences», déplore-t-il.

Quant aux dix-sept élus chaux-de-fonniers qui se sont déclarés éolosceptiques, ils privilégient une démarche par étape: «Mieux vaut réaliser un premier parc et en tirer un bilan énergétique, financier et technologique, avant de construire le suivant», estime Daniel Musy (PS). Les élus regrettent aussi l’absence d’une planification énergétique cantonale globale mettant l’accent sur les économies énergétiques. Enfin, Daniel Ziegler (POP), favorable à une production d’électricité citoyenne totalement décentralisée, constate que «l’éolien, tel qu’il se développe, dépend des grands groupes».

«Le projet se fera quelle que soit l’issue du scrutin»

Alors que la campagne sur l’éolien fait rage, des agriculteurs appellent la population à accepter le contre-projet du Grand Conseil. Et pour cause. Depuis huit ans, ils planchent sur un projet de onze éoliennes à cheval sur les cantons de Berne et de Neuchâtel, qui prévoit de produire 86 millions de kWh par an, soit la consommation électrique d’environ 20 000 ménages. Les quatre éoliennes prévues à La Joux-du-Plâne (NE) se situent dans le périmètre des cinq sites prévus par le canton.

«Pour nous, la production d’électricité est une bonne diversification, dans la ligne de la nouvelle politique agricole tracée par le législateur», note Roger Stauffer, secrétaire de la Sarl qui compte 23 membres locaux à ce jour. Si les agriculteurs se sont associés à la société Greenwatt du Groupe E, qui a réalisé les études et assume la grande part des 100 millions de francs d’investissement, ils veulent que le projet «reste une initiative locale»: «Nous comptons rester majoritaires dans le comité de pilotage», poursuit le secrétaire. Les agriculteurs se réserveront aussi 20% du capital-action.

Le projet est sur le point d’être mis à l’enquête publique. Mais les agriculteurs attendent la votation du 18 mai, tout en avertissant: «Le projet se fera quelle que soit l’issue du scrutin. La procédure sera simplement plus longue si l’initiative est acceptée.»

Claude Grimm
Le Courrier

 

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